Le premier volume d’une grande fresque historique en trois volets, remarquablement documentée, qui fait revivre la Mésopotamie depuis ses débuts préhistoriques jusqu’aux splendeurs babyloniennes... alléchante, cette quatrième de couverture, car elles ne sont pas légion ces fictions romanesques allant ainsi puiser leur matière dans ces périodes où l’histoire n’a pas encore commencé de s’écrire. Le roman se déroule en effet quelque 7 000 ans avant notre ère, et narre les aventures d’une jeune fille, Ninmah, qui a grandi au sein du Peuple de la Grotte. Cette communauté pacifique et rustique est décimée par un groupe de marchands caravaniers. Ninmah, seule survivante, est emmenée avec eux mais sans être réduite en esclavage. Pour elle qui depuis son enfance rêvait de connaître le monde commence en compagnie de son nouveau peuple un long périple autant géographique que culturel...
Quiconque se passionne pour les civilisations anciennes aura d’emblée l’intérêt éveillé, d’autant que la Mésopotamie est un lieu si important pour notre culture judéo-chrétienne qu’il en confine au statut de mythe.
Et dès les premières pages, c’est la déception assurée ! il n’est pas besoin de poursuivre la lecture au-delà des quarante premières pages pour prendre la mesure de ce qui, dans l’écriture, va susciter l’ennui - voire l’exaspération : d’interminables descriptions d’une méticulosité précieuse, un ton par trop didactique qui donnent l’impression que l’auteur s’adresse à un lectorat de jeunes enfants pour qui il faut articuler exagérément ce que l’on énonce pour être sûr d’être bien compris. Entendons-nous bien : ce n’est pas la masse descriptive en elle-même qui vire à l’insupportable mais sa tonalité, et cette sorte de joliesse dans la facture des phrases.
Le narrateur externe joue sans cesse d’une double posture, celle, intimiste, qui scrute au plus près gestes et pensées des protagonistes mis en scène, et celle du regard distancié pseudo-scientifique - Mais en ces temps lointains, bien plus anciens que les temps bibliques, le Tigre ne s’appelait pas le Tigre, personne n’avait donné son nom à la Mésopotamie[...]. L’auteur, outre ses tableaux détaillés des mœurs et coutumes des différents peuples, va jusqu’à se piquer de linguistique en "étudiant" quelques langages et à inclure dans son récit un "plan de la grotte" où vit le Peuple de la Grotte...
Comme si cela ne suffisait pas, il faut ajouter l’indispensable poncif, celui de la jeune fille dès l’enfance différente - ici, Ninmah est douée de la pensée profonde ( !) - et qui connaît un destin grandiose après le massacre des siens. Et puis celui, aussi, de la quête de l’objet mystérieux d’essence divine - un oeuf d’obsidienne... Ce mélange de fiction et d’imitation d’ouvrages savants de paléo-ethnologie a bien du mal à convaincre. Ne doutons pas pourtant qu’il saura séduire quelques amateurs - lesquels n’auront pas à se ronger d’impatience avant de connaître la suite : le second volet doit paraître cet automne !
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