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On en parle
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Justine Lévy nous racontait son désespoir amoureux après le départ soudain de son mari, elle nous a emmenés dans les couloirs brumeux de son ego malmené par la perte d’un amour. C’était bouleversant, parfois pathétique, un peu déplacé mais avait le mérite d’être un témoignage authentique malgré le miroir du roman.
Annie Spindler vit à Bruxelles et signe là son premier roman. Mais il n’est pas question d’amour ici. C’est de passion dont on parle, et d’une passion qui entraîne avec elle les excès qu’elle nourrit, cette fusion des corps, cette angoisse de la séparation, cette volonté de mourir ensemble au plus près du feu car l’on sait bien qu’une passion est destructrice, qu’elle dure quelques mois, et que la fin est un cauchemar. Une passion est une drogue. Sa fin un désastre.
Annie Spindler en est réduite à un manque, réduite à cela, plus que cela, une épure, rien que cela, les bords du manque et l’affolement. Elle erre dans son quotidien comme un poisson hors de l’eau. Elle se doit de recouvrer le genre humain, oui ce genre absurde de l’animal en cage qui se satisfait de ses carences pour ne pas devenir fou. Mais elle aimerait bien sombrer dans la folie et sillonner l’autre bord au-delà des frontières où tout se dilue pour se cramponner des deux mains, et dire haut qu’elle est vivante.

Annie est seule avec son chien. Comme Justine l’était avec son chat.
Même pas seule avec son chien. Même pas de chien. Plus de chien.



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François Xavier, le 10 mai 2004 - article609.html
Annie Spindler, Wilma, éditions QUE, 2004, 81 p. - 9,90 €.
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