Rentrée 2010
C’est en repêchant le corps d’une suicidée que la police retrouve le cadavre d’une femme, un poids aux pieds. Le commissaire Camille Fleury, de la brigade criminelle, est en charge de l’enquête. Le corps porte la signature d’Hugo, un tueur en série qui découpe les lèvres de ses victimes avant de les tuer. Cependant celui-ci ne s’était pas manifesté depuis trois ans.
Dans Camille, les auteurs ouvrent l’album sur un drame crapuleux vieux de vingt-cinq ans. Un couple a été tué, Victor, le jeune garçon, pendu par les pieds à la corde de la balançoire. Le policier, qui vient sur les lieux, demande qu’Alice, la gamine de sept ans, traumatisée, lui dise si elle a vu l’agresseur. Une psychologue, arrivée peu avant, s’y oppose fermement.
À la Brigade criminelle, les policiers remontent la piste et s’attachent à la bibliothèque où Pauline Alves, la nouvelle victime, a rencontré le jeune homme qui allait la tuer. La mésentente entre Camille et Sixtine s’étale sur le Web, ce qui coûte sa place au commissaire divisionnaire.
Julien Laborde a enlevé Chloé, la nièce d’un aveugle handicapé à qui il fait la lecture. Dans un local de stockage qu’il occupe, il s’apprête à opérer avec son cutter sous l’œil de sa caméra. Par souci d’humanité ( ?) il lui administre un anesthésiant. Mais il est dérangé dans son opération par une employée de la structure. Il cache rapidement Chloé dans un carton. Quand il revient sa victime est si endormie qu’il reporte à plus tard.
Quand Julien revient le lendemain, Chloé, réveillée, l’attaque au cutter et s’enfuit.
Les scénaristes se partagent la création de façon singulière. Si les deux participent à la rédaction du récit, l’un assure le prologue et les actions de Julien, l’autre l’histoire de Camille. Ils s’attachent, ainsi, à un personnage, travaillant seul son profil avant de l’intégrer dans l’intrigue globale.
Ils concoctent une intrigue qui reste, pour l’instant, assez classique. Il s’agit d’un thriller et de la traque d’un tueur en série par un groupe de policiers. Les personnages principaux sont intéressants par leur complexité, par leurs dérives et les traumatismes profonds qui marquent leur vie. Camille, la profileuse, n’a pas connu d’échecs dans son activité professionnelle. Elle mène, par ailleurs, une vie faite de soumission masochiste et sombre dans un univers sordide qu’elle appelle de toute sa chair. Julien, le jeune homme dévoué, à l’écoute des autres, est lecteur. Il se consacre, ainsi, au divertissement de handicapées et de personnes âgées. Extérieurement, il est plus proche d’un saint que d’un tueur. Quels mobiles le poussent à mutiler et à tuer ses victimes ?
Djillali Defali a déjà mis en images des scénarii d’Éric Corbeyran. Ils ont formé un duo qui a fonctionné parfaitement, que ce soit dans la série Asphodèle (Delcourt) ou lors de l’exploit graphique de La Loi des douze tables (Six albums en douze mois - Delcourt) ou le dessinateur avait magnifié une héroïne et son environnement. Dans ce tome, pourtant, le créateur semble se relâcher, son graphisme réaliste n’est plus aussi net. Les traits des visages sont trop souvent imprécis, voire caricaturaux. Que s’est-il passé ?
amille, le tome 2 de Pulsions apporte un lot de révélations qui embrouille encore plus le paysage d’une série qui demande à se révéler.
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