Antoine Marcas est à Avignon. Il doit, dans la région, assurer une perquisition à l’aube du lendemain. Pour l’heure, il est à la terrasse d’un café sur la place du palais des Papes. Il prend fait et cause pour quatre intermittents du spectacle, bousculés dans leur numéro par les intérimaires déguisés d’une multinationale du sucre en bouteille pour faire sa pub. Puis il se rend à la loge Pernety pour suivre la conférence sur le fondateur mythique de la Maçonnerie.
En 1368 av. J.-C., à Thèbes, un banquet réunit toute la famille royale. Eupalinos, le conseiller grec écoute, épie. Un ambassadeur des peuples du désert est amené à commettre le blasphème des blasphèmes, nier la divinité de pharaon. C’est l’exécution de toute la délégation. À l’issue du repas, la princesse Anémopi, sœur d’Aménophis IV est victime d’un malaise. Elle meurt peu après.
À Beaumes-de-Venise, la perquisition à la fondation Memphis débute. Ses dirigeants sont soupçonnés de trafics d’œuvres d’art volées. Après une fouille en règle, les policiers réussissent à trouver des preuves et établir le « flag ». Le jeune gardien de la propriété indique aux policiers l’existence d’un pavillon, à l’écart, lieu d’étranges manifestations.
À Thèbes, pharaon est sauvé d’un empoisonnement par Eupalinos qui mène son enquête, alors que le grand prêtre tisse son complot. Pour lui, Pharaon est la clé de voûte du système religieux. Il ne doit surtout pas remettre en cause le dogme et la tradition.
À l’intérieur du pavillon, Fléhaut, le directeur de la fondation Memphis, refuse de d’éclairer les lieux et verrouille la porte. À la lueur d’une torche dont les piles vont rendre l’âme, le commissaire, accompagné d’un policier et du gardien, découvre un fauteuil recouvert d’un drap et deux colonnes de pierre. Fléhaut sort une arme et tire deux fois. Marcas tente de gagner du temps pour que ses gens puissent enfoncer la porte. Sur l’injection du directeur, le commissaire découvre le fauteuil sur lequel trône une momie : la princesse de la nuit. Fléhaut tire sur Marcas. Transporté à l’hôpital, malgré une opération d’urgence, Antoine est déclaré mort à 11 h 03 !
Avec Lux Tenebrae, les auteurs signent la septième enquête d’Antoine Marcas, un personnage désormais ancré dans le paysage du polar international puisque ses aventures sont traduites dans treize pays.
Marcas est franc-maçon et les auteurs livrent, au fil des pages, des informations intéressantes sur le fonctionnement de cette entité à l’aura encore mystérieuse, sur le quotidien des loges. S’ils évoquent le caractère pompeux des cérémonies, le faste du protocole, ils ne se privent pas d’en montrer "l’arrière cour", les frères qui sont avant tout des hommes avec leurs qualités, mais surtout leurs défauts. Ils montrent aussi que la grandeur d’âme qui devrait animer les membres laisse souvent la place à l’ambition personnelle, à l’intérêt mercantile. Ils révèlent, aussi, les corvées à assurer par les apprentis, les rôles moins flamboyants à tenir.
Dans ce livre Éric Giacometti et Jacques Ravenne relatent autant les avatars de Marcas que celles de Aménophis et de Eupalinos. Ce dernier, forcé par les circonstances, deviendra... Les auteurs évoquent, avec une grande érudition, les fondements de la civilisation égyptienne où : "Tout un monde qui ne vivait que pour et par la mort." Ils décrivent, avec une précision anatomique les processus d’embaumement, les préparatifs du parcours du défunt pour cet autre monde, dont la mort n’est qu’une porte.
Les auteurs détaillent ces deux récits par une alternance rapide, faisant le parallèle entre cette civilisation et la situation du héros confronté à la mort et aux expériences de mort imminente. On s’interroge quelque temps sur les motifs de la cohabitation de ces deux histoires. Mais ceux-ci apparaissent au cours du roman et trouvent leur raison d’être dans une conclusion spectaculaire, dans la lumière des Ténèbres !
Éric Giacometti et Jacques Ravenne livrent, avec Lux Tenebrae, un roman magnifique structuré avec un subtil mélange de réalité, d’ésotérisme, d’informations pertinentes, d’humour, au service d’un suspense qui ne faiblit pas.
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