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Angeline se peint les ongles. Angeline se farde les paupières. Angeline rit aussi trop fort. Mais surtout, Angeline cherche les garçons. Et comme on la comprend. Au sortir de l’adolescence, histoire d’oublier le stress du bac, quoi faire d’autre ? Chercher les filles ? Pourquoi pas, mais chercher l’amour surtout. Le grand frisson. Quel qu’il soit. Avec qui que ce soit. Pourvu que l’on ait l’ivresse...
Et puis, au sortir de dix-sept années aussi marquantes, Angeline a bien le droit de s’amuser un peu... Faut dire que la pauvrette est née dans une famille un peu dézinguée. Père coincé dans son costume de fonctionnaire. Et dans son cordon ombilical non encore coupé. Ce qui le fait vivre dans le nord, alors que sa femme, fille du sud, rêve d’Aix-en-Provence. Car elle y perd sa beauté dans ce nord glacial. Elle s ‘éteint. Se dispute avec sa belle-mère. Mais finit par tomber enceinte, trop tôt. Garder le bébé ? Pas le choix à cette époque. Verrouillée alors la vie dans le nord. On ne quitte pas une affectation avec un enfant. Et des beaux-parents bien collants. Mais si finalement, on quitte ces maisons mitoyennes sans salle de bains pour enfin gagner un appartement dans le centre ville.

Nous sommes dans les années 1960. Et la France se relève à peine de la Guerre. Mais la petite Angeline s’émerveille de tout. Découvre le monde. Et s’emploie à rendre ses parents heureux. Enfin, s’ils voulaient jouer un peu le jeu... Et puis il y a ce grand-père militaire qui a les mains trop baladeuses. Il y tant de choses qu’il faudrait mieux ne pas connaître. Mais les femmes ont-elles toujours le choix ? Certaines choses ne se disent pas. Mais dans le silence la complicité peut aussi s’exercer. Ce seront elles qui dirigeront le paquebot familial. Finalement.
Et de secrets en découvertes, Angeline va se fabriquer une existence. Une personnalité. Devenir un être charmant. Une fille aimante malgré l’attirance de sa mère pour ses jeunes frères... Car Angeline est forte, très forte.

Un roman dur emmené par un style désarmant. On sourit bien plus souvent que l’on ne s’y attendait. On frisonne quand le vent tourne. On s’y voit, on y croit. Un texte au burin dit le quatrième de couverture. Un terme très mal employé. Car rien de brut dans cette narration. Bien au contraire. Si les faits sont sidérants, la dextérité déployée dans le maniement des mots rend la lecture plaisante. On avale les pages. Rien ne gratte, rien n’est déchiré. Rien de burin, plutôt de la soie. Même l’indicible peut s’emballer dans un papier soyeux.
Un livre brut dans une langue de velours...



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Annabelle Hautecontre, le 12 août 2010 - article4134.html
Michèle Lajoux, Puisque c’est ça la vie, coll. "Romans", Le Cherche Midi, mai 2009, 289 p. - 17,00 €
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