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Comment résumer Tolstoï en deux jours et deux nuits ? Pari insensé que Grazia Livi a relevé avec talent. Couronné par le prix Alessandro Manzoni en 2006, ce roman initiatique sonne comme un vrai roman russe ! Du haut de sa renommée toute récente, Lev Tolstoï, trente quatre ans, prend pour femme la très belle et très jeune Sofia Andreevna. Ses dix huit printemps ont su séduire le bouillant conte. Aussi cruel qu’élégant, l’écrivain qui n’est pas encore l’immense maître de la prosodie russe, parvient à dompter la donzelle. Et à s’en faire aimer. Il va la chercher et l’emmène en calèche à Iasnaïa. Deux jours et deux nuits pour rejoindre le domaine familial. Un voyage en guise de nuit de noces. Un rituel étrange qui lie romantisme et aventure. Une manière aussi d’apprendre à se connaître.
Habillement construit, ce livre envoûte. Dans cette berline qui quitte Moscou à la fin novembre 1862, une confrontation va déshabiller les personnalités. En cours chapitres, segmentés par les dialogues intérieurs de Sofia et Lev, Grazia Livi embrasse leur dessein respectif. S’amender et tenter de vaincre sa concupiscence pour Lev. Etre à la hauteur, donc aimante et dévouée pour Sofia. Pourtant la pulsion se la plus forte. Leur première nuit est un désastre. Conscient de sa sotte animalité Lev fera tout pour se faire pardonner. Entre promesses et rêves éveillés, les deux amants se projetteront dans l’avenir le temps d’avaler les verstes. La lenteur du voyage leur offre des échappatoires. Qui rêve, qui s’imagine. Mais l’amour qui se tisse entre eux apparaît chaque seconde plus fort. Se parlant finalement à demi-mots, les nouveaux époux se laissent flotter le temps du voyage. Visualisant leur vie et leurs enfants, ils se donnent des règles : remplacer la pensée par l’amour.
Une gageure qui cimentera le couple qui aura treize enfants. Et jamais ne se séparera malgré les remous. Cendrillon russe, Sofia recopiera toute l’œuvre de son mari, à la main. Elèvera leurs enfants. Demeurera toujours la fidèle épouse de Tolstoï. Et rentrera dans la légende...
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| Grazia Livi, L’Epoux impatient, traduit de l’italien par Tessa Parzenczewski en collaboration avec Marguerite Pozzoli, coll. "Lettres italiennes", Actes Sud, juin 2010, 159 p.- 17,00 € |
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