Partant du principe qu’un faux débat (l’identité nationale) cacherait des relents d’islamophobie, l’auteur tente de remettre en lumière quelques vérités. Ainsi, cet essai ira-t-il s’affranchir du cercle vicieux théologie contre politique. Car faut-il mettre dans un même panier le 11-Septembre et l’affaire des caricatures ?
Pour y répondre il faut briser les interdits. Un à un, consciencieusement. S’extraire des dogmes imposés par certains. Les orientalistes de bureau. Les polygraphes spécialistes de la géostratégie. Les politiciens. L’actualité. Et les raccourcis qui tissent trop vite un parallèle entre nazisme et intégrisme. Plaçant de facto "la maladie de l’islam" dans le palmarès des grands maux de l’humanité.
Car à vouloir évoquer les dérives de l’islam il faudrait, en premier lien, s’entendre. De quel islam parlons-nous ? Celui prôné par Ben Laden ? Les textes fondateurs, le Coran et le Hadith ? La culture islamique ? Le despotisme politique ? La pauvre création intellectuelle ?
L’amalgame se fait facilement. Car, tout comme pour la religion juive, l’islam est une religion et une foi. Mais aussi une histoire. Une culture et une civilisation. Al-Qaïda n’est pas représentatif de l’islam. C’est une vitrine vidée de toute sa dimension historique. Evolutions, conflits, humanisme, contradictions, lumière et raison.
Né en Tunisie en 1971, Saber Mansouri enseigne l’Ecole Pratique des Hautes Etudes. Helléniste et arabisant, ce disciple de Pierre Vidal-Naquet est l’initiateur et le directeur de la collection Maktaba lancée chez Fayard, en mai 2003 et destinée à faire connaître des textes inédits de la culture arabo-musulmane.
Il nous ouvre ici les portes d’un islam qu’il convient de "penser" loin du jihad et de l’injustice. Pour se faire : six chapitres. Une analyse sur les caricatures de Mahomet. Qui découlera sur "l’islam est-il une cité sans images ?" Puis viendra le Hamas, la démocratie et la question palestinienne. En quatrième sera étudié le 11-Septembre et la vision de Grand-Moyen-Orient version occidentale. Le cinquième chapitre sera dédié à deux figures intellectuelles arabes : Averroès et Ibn Khaldûn. Enfin, la conclusion proposera quelques pistes pour sortir du chaos conceptuel et politique en France.
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