Patricia est enseignante vacataire au lycée de Bowden. Sa seule distraction est de déambuler dans le centre commercial, dans l’espoir d’une rencontre. Depuis son enfance, dans un orphelinat, elle est sujette à des "rêves fous", des successions d’images incompréhensibles. En prise à une nouvelle crise, elle s’assied sur la margelle d’un bassin. Troublée par la réflexion d’une fillette, elle observe un homme dont l’allure détonne. Soudain, il ouvre sa veste, actionne sa ceinture... d’explosifs. Patricia, sonnée, voit des gens étranges déambuler, puis l’immense verrière s’effondre et elle sombre.
Matt Weinbaum est avocat et ivrogne. En état d’ébriété avancée, il rentre dans son bureau qui lui sert d’appartement. C’est seulement à son réveil qu’il constate le cambriolage. Il reçoit la visite de deux policiers, les officiers Bradley et Lewis, qui lui assurent faire le nécessaire.
Patricia, blessée, est recueillie dans un centre de soins d’urgence. Un médecin, à qui elle parle de l’attentat, s’étonne car l’accident est dû à une fuite de gaz.
Quand Patricia va chercher sa vieille voiture laissée sur le parking du centre commercial, un agent la guide vers Hawkes, un agent fédéral des Services de Sécurité Intérieurs. Il la chapeaute et, peu à peu, la confronte à un monde qu’elle ne soupçonnait pas. Il lui révèle qu’elle vient d’un autre univers, qu’elle doit les aider à lutter contre l’Ordre Noir. Elle rencontre Ayal, un étrange vieil enfant appelé par Hawkes, Le Correcteur.
Mat est pris, lui aussi, dans les filets que tisse Bradley. Celui-ci appartient à une organisation dirigée par un vieillard, qui prône des idées nazies et qui cherche à entrer en possession du Secret, un secret millénaire remontant aux premiers temps de la Palestine et que Meyer, le grand-père de Matt, lui aurait légué...
Avri, un simple soldat, va découvrir, en 1917, le cheminement qui mène jusqu’à L’Architecte, niché au sein du sanctuaire qui avait abrité l’Arche d’Alliance. Ce dernier lui confie une mission.
Johan Heliot est passionné par l’histoire de l’humanité. Mais, si celle-ci lui sert de base pour la plupart de ses intrigues, il préfère imaginer quelques distorsions et raconter les faits avec un déroulement légèrement différent de celui entré dans l’Histoire officielle. Avec Ordre Noir, il bâtit sur la lutte éternelle du Bien et du Mal, un nouveau cadre uchonique s’appuyant sur les fondements des religions du Livre.
Il introduit quelques modifications aux grands événements du XXè sicle. Ainsi, la seconde guerre mondiale n’existe pas, le régime nazi a développé son emprise sur l’Europe, les Etats-Unis se sont enlisés dans un conflit interminable en Asie qui a débouché sur la Grande Dépression et l’Enlisement économiques.
L’auteur renoue également avec la veine des textes noirs qu’il avait développés, entre autres dans Obisdio.
Il organise son intrigue autour de trois axes très identifiés, mais dont on se doute qu’ils sont appelés à se croiser, voire se confondre. Outre les deux protagonistes du début du livre, Patricia et Matt, il introduit une dimension ésotérique avec Avri et Meyer. Il joue avec les potentialités des mondes parallèles, avec la notion de déité, s’interrogeant et nous interpellant sur son concept et ses fondements.
Il reprend également les possibilités offertes par celle-ci, comme la maîtrise du temps et du futur, mais il l’assortie, pour son usage, d’un prix à payer qui fait éclater la dichotomie habituelle, angélique, du Bien et du Mal.
À un second niveau, il faut y voir aussi une superbe fable sur la manipulation de l’information, sur la dissimulation de la vérité, sur l’arrangement des événements, exercices si chers à nos gouvernants...
Cet Ordre Noir est un superbe roman, sombre, inquiétant, générant nombre de questions. Une réussite de plus à mettre à l’actif d’un auteur au talent incontestable.
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