En 900 avant J.-C., Ménélick, un capitaine phénicien a pour tâche de mettre en sûreté une caisse pesante. Alors qu’il revient, sa mission accomplie, un bateau lourdement armé, arrive commandé par son demi-frère. L’affrontement entre les deux hommes se termine par un massacre général.
En 1809, le président Jefferson termine son mandat et met la dernière main à ses notes...sur les dialectes indiens, une compilation qui représente trente ans de travail. Pendant le transport de ses bagages jusqu’à son domicile, elles sont volées et dispersées en partie. Jefferson fait alors le nécessaire pour que le secret qu’il détient n’ébranle pas les fondations de la jeune république qu’il a contribué à créer.
À Bagdad, en 2003, Carina Mechadi est folle de rage en découvrant le saccage du Musée national irakien. Employée par l’UNESCO, elle entreprend de retrouver les œuvres volées, malgré la dangerosité que comporte une telle mission.
Quelques années plus tard, elle a retrouvé de nombreuses pièces et les emmène aux USA pour une exposition itinérante. Parmi elles, se trouve Le Navigateur, une sculpture, qui excite la convoitise de Victor Balthazar, un homme aux moyens colossaux. Il avait, par l’intermédiaire d’Adriano, son homme de main, fait voler la statue à Bagdad. Son entremetteur, ayant voulu jouer au plus fin, en était mort.
Le transport des œuvres s’effectue sur un cargo, les pièces à l’abri dans un conteneur, sous la surveillance de Carina.
Kurt Austin et Joe Zavala sont dans l’Atlantique nord, invités à remorquer des icebergs dangereux pour la sécurité maritime. Ils ont capturé un énorme bloc qui menaçait une plateforme, quand le second capte le signal d’un navire qui ne répond à aucun message. Mais, sur sa route, se trouve la plateforme. Le seul moyen pour monter à bord est une échelle de corde qui pend jusqu’au ras de l’eau. C’est à bord d’un canot pneumatique que Kurt et Joe se lancent dans cette folle tentative. Sur le cargo, des pirates se sont emparés de l’équipage. Carina est en très mauvaise posture. Kurt prendra le temps de la sauver, de délivrer le capitaine et d’empêcher l’hélitreuillage du Navigateur.
Que représente cette statue ? Pourquoi un tel acharnement à la récupérer ?
La série co-écrite entre Clive Cussler et Paul Kemprecos, porte le titre de NUMA. Kurt Austin est employé par la fondation, ce qui facilite grandement, à la fois, l’élaboration du cadre social où évolue le personnage et le passage d’acteurs de cette série à celle dont Dirk Pitt est le héros.
Comme pour les autres romans signés de Clive Cussler, le sujet principal reste le monde maritime. Celui-ci est si varié et si multiple que les thèmes ne manquent pas ! Les auteurs n’ont qu’à puiser dans cette vaste réserve pour étoffer des intrigues aux situations novatrices. Cette fois-ci, les auteurs mettent l’accent sur les icebergs et leur prévention. Ils étayent leur propos de faits précis, comme la mise en place de la première patrouille des glaces en...1912, de détails que l’on pressent réels, confortés par une expérience de marin. L’autre grand thème autour duquel tourne l’intrigue porte sur les Phéniciens et leur grande habilité à naviguer. N’ont-ils pas acquis, de leur temps, la réputation de meilleurs marins du monde ? (Celui connu autour de la Méditerranée.)
Avec Kurt Austin, les auteurs animent un personnage idéal pour des récits d’aventures. Héros au grand cœur, il ne connaît que l’altruisme. Cependant, Clive Cussler et Paul Kemprekos demandent à leur héros de savoir se tenir avec les dames. Si ce dernier ne manque pas une occasion de lancer des invitations à dîner, même dans les situations les plus cruciales, il en reste là. Mais, dans Le Navigateur, les auteurs n’économisent pas les personnages, multipliant à l’envi les coups de théâtre et les coups de toutes natures.
Par contre, est-ce l’auteur ou la traductrice qui a quelques soucis avec les grades d’un militaire américain à Bagdad ? O’Leary est caporal page 36. Il passe, capitaine en quelques minutes, page 40, mais retrouve vite son grade initial. Ce « fait d’armes » lui vaut sans doute du galon car page 46, il est caporal-chef ! Puis il disparaît de l’intrigue.
Mais cette remarque n’entache en rien le dynamisme de l’histoire, n’occulte pas l’intérêt pour une intrigue tendue, jusqu’à un final éblouissant. Le Navigateur, c’est l’assurance du dépaysement et de passer un bon moment de lecture.
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