Lord Hastings a découvert la cité mythique de Guyanacapac. Dans un message porté par un indien, il demande à Lady Vivian Hastings de le rejoindre avec son frère, le capitaine Edward Hastings. Or, elle est enceinte et craint la répudiation. Vivian a su convaincre Long John Silver, le pirate, de l’accompagner pour tuer son mari en échange d’une partie du fabuleux trésor inca. Les pirates se sont enrôlés parmi l’équipage du Neptune, commandé par Edward. Parce que son jeune protégé meurt de suites des blessures infligées par le capitaine, Silver déclenche une mutinerie. Il tue Edward, jette le corps dans l’océan avec... la carte qui indique la voie jusqu’à Guyanacapac. Au sortir d’une tempête, ils sont perdus. Le navire est jonché de cadavres.
Le Neptune prend l’eau et Le Grisou se déclare impuissant à colmater si le bateau n’accoste pas dans un endroit tranquille. Les membres de l’équipage et des pirates survivants commencent à gronder quand l’indien indique une direction face à une falaise qui semble monolithique. Dantzig, un officier survivant, annonce que le bateau va couler rapidement. Silver profite du flottement qui suit cette annonce pour foncer dans la faille désignée par l’indien. Le bateau passe, non sans dégâts, et se retrouve sur un fleuve paisible. Silver décrète une soirée de détente avec viande fraîche et rhum. Cette soirée révèle les caractères des principaux acteurs du drame, un drame qui, se prépare dans le silence de la forêt...
Xavier Dorison, avec ce récit d’aventures maritimes et de piraterie, n’a pas voulu écrire une suite de L’Île au trésor du fabuleux Robert Louis Stevenson. Il souhaite rendre hommage à cette histoire qui fait référence dans ce genre littéraire.
À l’issue du troisième volet on peut estimer que l’hommage est réussi... au-delà de toute espérance. En effet, dans un registre similaire, l’auteur, puis les auteurs (Mathieu Lauffray participe à l’écriture de ce tome) ont une approche plus approfondie des personnages et une sensibilité plus humaniste. S’ils mettent en scène les images du genre, utilisent des péripéties usuelles dans les récits de piraterie, ils apportent une dimension féminine avec les relations qui régissent les deux sexes et une intrigue à la tonalité plus mystérieuse.
Ils ont crée un groupe d’antagonistes dans la meilleure veine du genre, s’appuyant sur les caractères couramment répandus parmi la gente humaine. Ils font, cependant, de quelques figures, une étude fouillée et sous des dehors bruts, une véritable étude psychologique. Ils font évoluer leur intrigue dans des décors fabuleusement exotiques, dans ces régions qui portent au rêve...ou au cauchemar.
Mathieu Lauffray, outre une part du scénario, assure le dessin et la mise en couleurs. Il a crée des "gueules" conformes à celles que l’on s’attend à trouver dans une telle histoire, il parsème ses vignettes de nombreux détails et réalise des décors superbes avec quelques pleines pages à faire rêver. Il fait ressentir, avec élégance, les ambiances, les climats, les sentiments et la folie des hommes.
Ce Labyrinthe d’Émeraude est un joyau, une pièce supplémentaire à cette série qui émerge, telle un phare des flots de BD d’aventures.
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