Jim, douze ans, est le fils de Troy Blackwell, le gardien du phare de l’île de Monte-Cristo. Elle est habitée par une micro société formée de trois couples et d’une dame d’âge mûr. Seuls les Augusto ont un fils, Cecil. Celui-ci est un grand lecteur de livres et d’illustrés d’aventures.
Jim aime aller se réfugier sur l’épave d’une goélette jetée par une tempête sur une plage isolée. Aussi, lorsqu’il surprend Cecil, qui se prend pour un pirate, dans ce qu’il considère comme son domaine, il considère cette intrusion comme un crime de lèse-majesté. Il décide de lui flanquer la frousse. Il réussit si bien que Cecil, qui ne sait pas nager, tombe à l’eau. Sauvé de la noyade par Jim, ils deviennent des amis inséparables et explorent l’île en se prenant pour les héros de romans et d’illustrés qu’ils dévorent.
Mais le père de Cecil est au centre d’affaires douteuses. Il y a quelques années, il avait dû, avec sa famille, quitter Chicago du jour au lendemain pour s’installer dans cette île discrète. Le grand-père maternel de Cecil, très fortuné, avait payé. Un fois encore les affaires tournent mal. Mais le grand-père vient de décéder. Au retour de l’enterrement, après la lecture du testament, le père de Cecil est d’une humeur massacrante. Quand Cecil voit sa mère défaillir, il est persuadé que son père l’empoisonne pour hériter et payer ses dettes les plus pressantes. Mais Cecil se trompe lourdement...
Pour La face cachée du poisson-lune, l’auteur élabore une intrigue autour de deux adolescents en mêlant exploration, aventures et menaces diffuses. Il rapproche deux personnages aux profils différents. Si l’un est grand lecteur, suit une scolarité en institution privée, le second est proche des éléments naturels et sa culture n’est pas livresque. Cependant, le premier possède sur le second l’habitude de fréquenter un autre univers que celui quasi désertique de l’île. Dotant ses personnages des grandes spécificités qui fondent le personnalité à cet âge, il en fait des préadolescents de chair et d’os.
Hervé Jubert utilise les sujets classiques qui peuplent les récits d’aventures comme les pirates, les cow-boys justiciers, les tempêtes... Il amalgame le tout dans un récit construit autour d’une atmosphère trouble où plane un danger informel et une pointe de fantastique. Il construit ainsi un roman riche en péripéties de toutes natures. Certaines, cependant, semblent plaquées, un peu en décalage, comme si l’auteur avait voulu mettre un nombre de thèmes "obligatoires".
Par contre, il nous offre une conclusion peu courante dans ce type de livre et une belle leçon d’amitié.
Hervé Jubert compte nombre de romans de bon niveau dans sa bibliographie pour la jeunesse. Il était donc naturel qu’il trouve sa place dans cette collection, même si ses romans précédents relèvent plus du domaine de la science-fiction, du fantastique et de la fantasy.
Avec La face cachée du poisson-lune, on se laisse emporter, avec plaisir, dans une histoire à la lecture agréable.
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