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Romans
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Juliette Benzoni s’est depuis longtemps fait une spécialité du roman d’aventures historique. Trilogies, quadrilogies traduites en plusieurs langues, ses romans touchent un vaste public (Le boiteux de Varsovie, La Florentine, Marie les intrigues, Marie les passions, Les larmes de Marie-Antoinette, etc.). Dans le premier tome du Bal des poignards, La dague au lys rouge, elle fait revivre de façon très précise, sensorielle presque, la cour d’Henri IV, entre complots et mariages arrangés.
Lorenza Davanzati, orpheline mais héritière de l’immense fortune des Médicis et filleule de Marie de Médicis, la deuxième épouse d’Henri IV, vient de perdre son charmant fiancé à la veille du mariage. Sur le corps du jeune homme, l’assassin a déposé une dague et un billet : quiconque prétendra épouser la belle connaîtra le même sort. Le Grand-Duc Ferdinand, lointain parent de Lorenza et allié de la France, lui propose pour oublier son chagrin de voler au secours de Marie de Médicis, sur le point d’être répudiée par un roi excédé par son caractère exécrable. Lorenza devra gagner à la cause de la reine le plus vieil ami et conseiller du roi, Hector de Sarrance. Comment ? Par le seul moyen qu’une femme de l’époque puisse trouver : en séduisant son fils et en l’épousant.
Mais le cœur du jeune Antoine est déjà pris, et c’est le père qui jette son dévolu sur cette éblouissante jeune femme, qui réveille en lui une folle passion mêlée de concupiscence. La vie de la trop belle Florentine se change en véritable enfer : presque tuée par son "vieux bouc" de mari, elle est accusée de son assassinat, emprisonnée à la prison du Châtelet et monte même sur l’échafaud.

La quatrième de couverture, follement alléchante, n’est pas mensongère : "les passions, les intrigues et les meurtres se déchaînent" en effet dans ce roman de cape et d’épée, dans la plus pure tradition du genre. Entre suspense, machiavélisme, complots ourdis dans les antichambres ou sur les oreillers, les 450 pages se dévorent en quelques heures.
Quant à l’aspect historique, c’est la vie à la cour d’un Vert-Galant au meilleur de sa forme qui présente l’aspect le plus intéressant. On y croise une foule de personnages réels, d’Henri lui-même, avec son appétit légendaire pour tous les plaisirs de la vie, son haleine d’ail et ses colères aussi impressionnantes que sa générosité, à Marie de Médicis, "la grosse banquière", horrible mégère boudinée dans des tenues éblouissantes et prête à tout pour se faire couronner, en passant par des personnages secondaires tout aussi justement dépeints (Bassompierre, Bellegarde, la Galagaï, la marquise de Verneuil,...).

Juliette Benzoni, que sa maison d’édition décrit comme "la reine du roman historique français", est visiblement fort bien documentée, et les détails historiques ne manquent pas - ils sont même parfois plaqués sur le récit de façon un peu artificielle.
La verve et le franc-parler de l’époque sont fort agréablement mis en scène, dans des dialogues souvent savoureux et ponctués de traits d’humour férocement envoyés. Pour le reste, si l’histoire est effectivement prenante, on regrettera néanmoins une écriture compliquée par des phrases inutilement alambiquées dont la syntaxe s’avère parfois même incertaine.

Quoi qu’il en soit, le tome deux sera attendu avec impatience par les amateurs du genre. Cette suite s’intitulerait Le couteau de Ravaillac (un personnage inquiétant qui apparaît dès le premier tome, laissant entrevoir la fin tragique du bon roi Henri).



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Agathe de Lastyns, le 4 juin 2010 - article4055.html
Juliette Benzoni, Le bal des poignards, tome 1 : La dague au lys rouge, Plon, avril 2010, 453 p, 21,00 €
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