L’espace est ouvert, occupé par un mobilier imposant, surmonté par des linteaux. L’ensemble qui laisse transparaître quelque trace d’artifice, encadre l’espace scénique sans l’enfermer : le fond de scène est ouvert sur le vide, le noir, l’absence. Le texte est d’emblée jeté par des acteurs habités, tendus, dynamisant ainsi le propos. Le casting et les costumes sont justes, comme l’ensemble des choix scénographiques. En dépit de la lenteur de l’argument, la mise en scène donne corps à ce texte un peu trop posé. Des transitions feutrées, souples, permettent de donner quelque profondeur à la représentation.
Mais, malgré sa justesse et sa qualité, ce spectacle ne porte pas le regard, n’emporte pas l’enthousiasme. C’est que la mise en scène suppose une (dé)valorisation paradoxale de l’argument. Elle s’en remet à l’énergie d’acteurs dont tous ne tiennent pas la distance. Mettant bien en exergue le texte, elle parvient à manifester la tension qui s’installe peu à peu dans les situations, mais les fragilise du même coup.
Ainsi de la scène de la tarentelle frénétique de l’héroïne, où le jeu surfait s’expose sans succès au non-sens. Le décor restant statique, les personnages sont livrés à leurs propres limites. Finalement les choix de mise en scène, par trop discrets, suspendent dangereusement cette pièce aux lèvres des acteurs.
Une fois de plus, Jean-Louis Martinelli livre un travail honnête, mais discret, servant le texte sans parvenir à le révéler.
Une maison de poupée
Texte Henrik Ibsen
Mise en scène Jean-Louis Martinelli
Avec : Grégoire Oestermann, Amélie Wendling Avec Marina Foïs, Alain Fromager, Laurent Grévill, Camille Japy, Grégoire Oestermann, Martine Vandeville
Scénographie Gilles Taschet ; Son Jean-Damien Ratel ; Lumière Jean-Marc Skatchko ; Costumes Karine Vintache : Coiffures, maquillages Françoise Chaumayrac ; Assistante à la mise en scène Amélie Wendling
Théâtre Nanterre-Amandiers, salle transformable du 10 au 31 mars 2010, du 1er au 17 avril 2010
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