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SF
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Penser à la France médiévale revient à penser aux chevaliers. La noblesse de la fille aînée de l’Eglise était réputée de par le monde entier pour sa bravoure et son excellence sur les champs de bataille. L’apparition de la poudre et des armes à feu a sonné le glas des fiers chevaliers en armure lourde chargeant sur le champ de bataille du haut de leurs puissants destriers. Mais il n’en va pas de même dans l’univers de Warharmmer, si connu de notre jeunesse. Les armées de ce monde maîtrisent la poudre noire et les bâtons de feu, mais la chevalerie y garde une place importante. Si importante que les ordres de chevalerie de l’Empire, la nation du dieu Sigmar, sont les soldats les plus vénérés de leur comté.

Le recrutement dans un ordre de chevalerie varie de l’un à l’autre. Les uns prennent les plus braves, les autres les plus disciplinés, les derniers ceux ayant accompli un acte des plus héroïques. Et parmi ces ordres existe celui de la Reiksguard. Fondé par Wilhelm, premier Empereur de la lignée des princes d’Altdorf, cet ordre a la particularité de recruter dans ses rangs les héritiers de la noblesse. Ce fut un coup de génie du souverain : en servant dans cette garde prétorienne, les futurs dirigeants nouaient des liens entre eux, tant par le sang versé que par les armes tirées ensemble. Et de fait, retournés chez eux, ils ne tiraient plus l’épée les uns contre les autres : il est toujours plus difficile de faire couler le sang de quelqu’un qu’on a appelé frère.
Pourtant si les chevaliers sont des frères, l’impression que certains le sont parfois plus que d’autres règne dans les rangs des novices. Tel est l’impression de Delmar von Reinhardt. Jeune noble talentueux ayant commencé son noviciat ; le lecteur le suit dans sa formation et celle de ses futurs frères. Cependant le terme frères est un peu prématuré vu les luttes politiques que se livrent les novices entre eux. Luttes qu’abhorre l’ordre. Mais pour souder des hommes, pour qu’ils deviennent plus proche que ce que peuvent offrir les liens du sang, la guerre peut être un bon moyen...

Premier ouvrage de la série « Les Armées de l’Empire », Reiksguard l’ouvre en fanfare. Cette collection a pour objectif de réunir des ouvrages sur les plus célèbres unités militaires de l’Empire. Et pour marquer le coup, l’éditeur a choisi de donner aux « Armées de l’Empire » un format plus luxueux que le simple livre de poche de SF-Fantasy : papier de qualité, couverture travaillée, tout est là pour le plaisir des yeux. Petit plus par rapport à l’ouvrage lambda : présence d’un marque-page prédécoupé. Si vous êtes dans le train, dans le bus, au parc ou que sais-je, il vous suffit de vous reporter à la couverture et hop, sur le rabat, d’un coup de main, vous avez votre marque-page... Quelle magnifique idée : plus besoin du ticket de métro ou de la page déchirée d’un journal ...
Les qualités littéraires du livre sont indéniables. La traduction est bien faite : celle-ci ne se sent pas autant que certaines dans les autres ouvrages de l’éditeur. L’ouvrage ets suffisamment épais pour tenir le lecteur en haleine par son rythme sans pour autant le lasser, la lecture nécessitant néanmoins une ou deux connaissance sur l’univers de Games Workshop et particulièrement sur l’Empire et sa géographie.
Nous regretterons cependant quelques points, tel le fait que la fin balaie cette impression agréable que nous avions pour une fois dans un ouvrage de HeF* : le monde des héros est manichéen. Revenir au postulat : « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » dans la Reiksguard est dommage, même si les révélations y menant sont prenantes...

Un petit traître aurait fait de ce livre un parfait ouvrage de Fantasy, un peu en dessous du niveau de notre cher Tolkien. Dommage certes sur ce petit point, mais bravo pour le reste !

*HeF : Heroic Fantasy. Je me permets ici de modifier l’appellation traditionnelle de notre site, Fantasy, pour être plus en accord avec les termes traditionnels du genre. Fantasy désigne un genre plus vaste que l’Heroic Fantasy (par ex. Star Wars : le pouvoir de la force). Cette dernière concerne des ouvrages se centrant sur un ou deux héros et non un groupe complet à l’instar de la High fantasy (HiF) - voir par ex. Le Seigneur des Anneaux, Le Donjon de Naheulbeuk ou Les Chroniques de Krondor : le legs de la faille.
A noter qu’une série peut osciller entre la HeF et la HiF. L’exemple parfait est l’univers étendu de Star Wars. C’est souvent le fait de plusieurs auteurs travaillant sur un même monde.


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Pierre Chaffard-Luçon, le 27 avril 2010 - article4013.html
Richard Williams, Reiksguard , Bibliothèque Interdite, collection "Les Armées de l’Empire", mars 2010, 393 p.-17,00 €.
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