La comédie italienne est une institution parisienne : depuis 1974, elle accueille un large public dans le quartier Montparnasse, où elle a fait son nid, en 1980, rue de la Gaité. On pénètre grâce à la convivialité de l’équipe de ce petit théâtre dans le pays où l’artifice fait œuvre en se désignant lui-même.
Le petit livret qui nous est présenté cette saison est d’emblée prétexte à des impromptus de présentation, des emphases et des simagrées. Le texte est maniéré, singé, surfait, exhibé en caricature. L’art de la fête et des chausse-trappes est poussé à l’extrême dans cette farce joyeuse.
Masques fantasques, contrastes de rythmes, d’ambiances et de ton : tout est mis au service d’une comédie dont la seule règle est l’extravagante verve. On surjoue à loisir, on installe un théâtre de marionnettes, on sollicite le public. La pièce est charmante, elle consiste en un libretto : le texte étant conçu d’abord pour l’opéra, s’appuie sur un argument bien faible. Il faut toute l’énergie des comédiens pour donner consistance à une trame aussi ténue, pour la maintenir à distance.
Il s’agit d’un mariage suspendu au prix de l’interdiction momentanée d’un baiser, qui sera, évidemment, donné. On a connu Attilio Maggiulli plus inspiré dans ses choix, sélectionnant des textes se prêtant plus aisément à la Commedia dell’arte. Ici, en surdéterminant un genre déjà chargé, il risque de conduire l’excès démonstratif à se nuire à lui-même. La générosité est toujours de mesure difficile.
Le baiser enchanté
d’après un livret de Carlo Goldoni
adapté et mis en scène par Attilio Maggiulli
Avec Hélène Lestrade, David Clair, Valérie Français Jean-Jacques Pivert, Thomas Asselineau Costumes : Farani ; régie générale et accessoires : Claudine Simon ; lumières : Gilles Thomas ; masques : Thierry Graviou ; décors : Stéphane Vuarnet ; constructions :Jean-Claude Roffé ; organisation générale : Danièle Sornet.
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