Mystère, nom masculin
1 : Ce qui est inconnu, inexplicable, tenu secret. Synonyme : énigme.
2 : Ensemble de doctrines et de pratiques religieuses
qui ne sont révélées qu’aux initiés.
3 : Dogme religieux, inaccessible à la raison.
4 : Au Moyen Âge, pièce de théâtre à caractère religieux.
Bouffe, nom féminin
1 : Nourriture. Synonyme : nourriture.
2 : Repas. Synonyme : ripaille.
Expression : Opéra bouffe = Opéra comique.
la combinaison de ces deux mots peut donner plusieurs possibilités allant de "diner surprise" à "représentation comique, grotesque". Et c’est cette dernière qui prévaut dans la pièce de Dario Fo que nous retrouvons dans la salle Richelieu. Que d’étonnement face à cette œuvre pour le moins spéciale ! Car si la Comédie Française ne nous a pas toujours présenté des chefs d’œuvre, cette fois, ce fut le cas.
Une pièce où les acteurs reviennent à l’origine de leur métier : ils redeviennent les jongleurs du Moyen Âge, ces artistes allant de ville en ville pour faire rire non les grands et les seigneurs mais le petit peuple. Il n’y a qu’eux sur scène. Des petits One Man Shows où chacun raconte une des histoires de Dario Fo comme l’auteur l’a voulu : par l’improvisation et le travail de la gestuelle, de la voix, du chant...
L’Italien, toujours vivant, a créé cette pièce et la représentait au milieu du public, assis au sol. Ainsi l’art ne reposait sur aucun artifice, ni décor, ni mise en scène. Ici point de Deus Ex Machina. Il n’y a qu’un homme et son auditoire. Dans la salle Richelieu les prestations sont entrecoupées de scènes dans lesquelles évoluent des élèves comédiens, représentants la Passion du Christ de manière provocante et sacrilège. Pari risqué s’il en est pour Murielle Mayette. Mais pari gagné pour l’administrateur général de ce haut lieu de culture. Car le spectateur perçoit les sentiments de manière ininterrompue, passant du rire à la tristesse et la pitié dans le simple changement d’acteur...
Un véritable voyage dans l’âme humaine !

Si en apparence aucune histoire ne lie les scènes, un thème est récurrent : la place de l’homme face à la religion, à la société. Ses croyances, rationnelles ou non, sont critiquées par le rire. Et tous y passent, du pape à l’amant, de Dieu au cochon, du crédule au profiteur... Mais pour autant devons-nous voir dans la pièce italienne une critique de la religion et de la société ?
Chacun peut y trouver ce qu’il souhaite mais il me semble que la pièce n’est point là pour critiquer et faire changer notre monde. Simplement le faire rire. Un des meilleurs remèdes... Car il permet à tous d’oublier durant un temps leurs soucis et ce même s’ils peuvent se sentir visés ou caricaturés. Comme le dit l’adage : "heureux celui qui sait rire de lui-même, il n’a pas fini de se marrer !" Et croyez-moi, il y a de quoi rire de soi et des autres...
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