Un dialogue imaginaire s’instaure entre des personnages incarnés par l’auteure-narratrice - des répliques simples, directes, suggestives, permettent d’incarner des oppositions fondamentales : avant/après, dedans/dehors, vie/mort, candeur/désir. La mise en scène est réduite à sa plus simple expression, l’actrice présentant l’ensemble du spectacle de façon frontale, statique, en retrait ("à la table" selon ses dires), comme un monologue agrémenté d’interventions de marionnettes (dont la principale, "Not to be", la mort, l’autre, non moins attrayante, le "zizi d’époque"). Il n’est accompagné que de quelques jeux de lumières, assortis parfois d’ombres chinoises, et de quelques intermèdes musicaux - de la pop créant un contraste peu efficace avec la fable à vocation métaphysique qui nous est présentée.
Car il s’agit bien d’un conte philosophique, oscillant entre une philanthropie de la candeur et une misanthropie de la cupidité. À travers un dialogue vivant, familier, d’expression volontiers populaire, sont développées des métaphores de nos problèmes existentiels : douleur de la conscience, enfermement planétaire, prédétermination des moments de la vie humaine. Le pari est de faire sens grâce au seul texte, manifestement serti dans ses octosyllabes et son expression quasi allégorique. C’est une gageure accomplie, si l’on en considère ses limitations. Certes, cela ne fait pas une grande pièce, et peut-être même pas du théâtre, mais une histoire charmante et bien conçue, agréable et édifiante. Elle permet à Stéphanie Tesson, dans un cadre minimaliste, de manifester d’indéniables talents de dramaturge et d’actrice.
Hélas
Texte de Stéphanie Tesson
Mise en scène :
Anne Bourgeois
Interprétation :
Stéphanie Tesson
Chrorégraphie :
Marguerite Danguy des Déserts
Son et lumières :
François Cabanat
Costumes et maquillages :
Corinne Page, Anne Caramagnol
Voir ici la programmation de la saison 2009/2010 sur le site du théâtre Artistic Athévains.
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