Palais de l’Élysée, à Paris, Sisco vient prendre son poste au sein du service spécial de sécurité. Une nouvelle mission l’attend : convaincre Saint-Servan de renoncer à l’interview qu’il veut donner à Léa Dalmont. Mais ses arguments et menaces restent sans effets. Le conseiller est déterminé et sait où est son devoir. Sisco le "suicide". Mais, par la fenêtre, un laveur de vitres, qui a tout vu, s’enfuit sans attendre, ayant compris que sa vie ne tient plus qu’à un fil.
Pour rattraper sa "bourde", Sisco se lance sur ses traces avec l’assistance de tous les réseaux informatiques, électroniques de surveillance dont dispose l’Élysée et l’armée.
Mais Maretti, le laveur de carreaux, réussit cependant à échapper à la meute qui le traque. C’est quand il tente de contacter une journaliste du Figaro, Léa Dalmont, qu’il est à nouveau repéré. Cette dernière lui donne un rendez-vous discret, mais se dépêche de raccrocher quand elle apprend qu’il utilise un téléphone portable ! Celui-ci devient la pièce à récupérer car il contient la vidéo qui dénonce le crime.
Pour Sisco, les choses se passent mal au sein de son service où sa défaillance le met sur la touche. Malgré tout, il s’accroche et...
Le scénariste prend comme point de départ de son thriller, un fait réel qui s’est déroulé en 1994, à l’Élysée pendant le second séjour de François Mitterrand. Un des conseillers s’est suicidé dans un bureau, proche de celui du Président. Bien sûr, à l’époque, les déclarations officielles présentent le décès comme une conséquences des ennuis personnels de l’homme. Mais, le doute subsiste quant à la véracité de ces explications.
Avec ce point de départ, l’auteur construit une intrigue très actuelle, mettant en scène ce qui se fait de mieux en matière de moyens de communication et de détection. La cellule, structure imaginaire tout à fait plausible, est un véritable repère de requins où chacun veut faire jouer la loi du plus fort, use d’une morgue effarante pour s’imposer.
L’auteur n’identifie pas le premier locataire du palais autrement que sous le titre de Président. Il le présente cependant comme un homme âgé qui ne dispose plus de capacités sexuelles efficientes selon une employée qui préfère la vigueur de Sisco. Celui-ci incarne un héros peu habituel. Il est cynique, antipathique, sans états d’âmes ni remords, ne reculant devant aucun moyen violent pour satisfaire ses besoins. On est à contre courant du héros au grand cœur, défenseur de valeurs humanistes. On est plus proche de l’homme politique sans scrupules ni morale.
La mise en place de l’action est très efficace. En quelques pages, le lecteur est plongé au cœur de l’intrigue.
Thomas Legrain qui signe les séries L’Agence (Casterman) et Mortelle Riviera (Glénat) a été interpellé par l’histoire. Il a aménagé son emploi du temps et ses échéances pour prêter son dessin réaliste à ce diptyque. Il rend toute la vitalité du scénario, campe des personnages très modernes et offre des décors travaillés. Il met en scène ce thriller politique avec beaucoup d’à-propos et restitue toute la saveur amère de cet univers sans chaleur humaine.
Sisco, au vu de Ne tirez que sur ordre ! se révèle comme une série à suivre avec attention !
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