http://www.lelitteraire.com
l'Actu des livres
 Contacter
 Agathe de Lastyns
Ses derniers articles :
Peur de rien
L’Âge d’or du cinéma européen
Veritas
Les grandes années du football / Les années 80
Podium Génération Claude François & Age tendre et tête de bois
Francesca, empoisonneuse à la cour des Borgia
Vialatte à La Montagne
Boulevard du crime - Histoire du 36 illustrée
La Prodigieuse procession & autres charges
Le Rives - Rentrée 2011
Un Amour de jeunesse & Le Prince de Polognac
Pour lui
Claude Simon. L’inlassable réancrage du vécu
Les Islandais
Le Dîner
Feu de sarments
Entretien avec Denitza Bantcheva
Le Veuf et l’ingénue
Dernier tramway pour les Champs-Elysées et La Nuit la plus longue
Dans le lit des reines et La Chimère d’or des Borgia
  
4695 articles en ligne


Chapeau bas
afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article

Jean-Jacques Schuhl publie peu mais bien : quatre livres en une quarantaine d’années, dont les premiers (Rose poussière et Télex N°1) lui ont apporté le prestige confidentiel qui sied aux écrivains novateurs, et le troisième, Ingrid Caven, le Prix Goncourt 2000. Ce parcours atypique se trouve en quelque sorte résumé et porté à son sommet littéraire dans son dernier roman, Entrée des fantômes, qui réunit avec une grâce particulière les procédés de la prose expérimentale, de la rêverie et de l’autobiographie.
Pour commencer, Schuhl ébauche un récit fantastique qui rappelle l’univers de David Lynch (Mulholland Drive), autour d’un mannequin, créature “détraquée et traquée“ qui détient un secret convoité par d’obscurs puissants. Ce chapitre de roman inachevé a pour suite l’histoire de “La nuit des fantômes", où le double de l’écrivain, nommé Charles comme dans Ingrid Caven, raconte une série d’événements le concernant, apparemment disparates, mais qui forment un réseau métaphorique parfaitement cohérent.

Aux anecdotes à valeurs symbolique se mêlent des méditations sur des personnages qui ont marqué Schuhl, sur son parcours littéraire, sur les temps qui changent (vraiment pas pour le mieux)... Avec une virtuosité unique en son genre, l’écrivain passe d’une radiographie qui serait “un vrai Bacon" (d’après son médecin), à Talleyrand, ou de Raul Ruiz qui lui propose un rôle, au fantôme gidien de Lafcadio - tant et d’autres références qui lui permettent de montrer, au détour d’une phrase, comment l’art peut naître ou renaître à la faveur des circonstances, absurdes, insolites ou pénibles, qui nourrissent la réflexion et l’imagination.
Il en ressort un autoportrait oblique, empreint d’ironie et de nostalgie, où les limites entre le réel, l’imaginaire et l’art n’existent plus guère : pas plus que dans l’esprit d’un créateur en proie à l’inspiration.

La prose de Schuhl n’a jamais été aussi intense et gracieuse - jusque dans ses ruptures de ton -, et son art du “collage” littéraire touche ici à la perfection, à travers le mélange de citations détournées, de changements de sujet et de pistes narratives qui s’entrecroisent. Entrée des fantômes se lit d’une traite, avec émerveillement, et donne aussitôt envie de s’y replonger : un phénomène très rare en matière de littérature contemporaine.



Il y a 2370 signes dans cet article.
Agathe de Lastyns, le 8 février 2010 - article3907.html
Jean-Jacques Schuhl, Entrée des fantômes, Coll. “L’Infini”, éd. Gallimard, décembre 2009, 143 p. - 13,90 euros
©2004-2012 LELITTERAIRE.COM.
Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (texte, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par lelitteraire.com. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de La Rédaction.

Envoyer l'article à un ami
Destinataire  :
(entrez l'email du destinataire)

De la part de 
(entrez votre nom)

(entrez votre email)


afficher une version imprimable de cet article Imprimer cet article
générer une version PDF de cet article Version PDF



Tolkien, un auteur à (re)découvrir.
Entretiens sur l’art
Jacques Rancière à Marseille
 
http://www.lelitteraire.com
Les articles les plus consultés
 Recherchehttp://www.lelitteraire.com

Romans | Nouvelles | On en parle | Pôle noir | SF | Essais/documents | Inclassables | Poésie | Poches | Chapeau bas ! |
On jette ! | DVD | Théâtre | Les érotiques | Événements | Entretiens | Dossiers | BD | Jeunesse | Manga |
Beaux livres | Arts croisés | Le littéraire TV |

Copyright © 2004-2012 lelitteraire.com - Tous droits réservés - 
Site optimisé 1024x768 - IE 5x et +, Firefox 3.0.3 et +, Safari 4.0 et +

Rédaction
Contacts
Mentions Légales