Ah, que n’a-t-il fait gloser ce nœud qui relie le joug au timon du char de Midas, le premier roi de Phrygie ! Une prophétie s’y attache : "Celui qui parviendra à défaire le nœud gordien s’emparera de l’Asie." En 333 avant notre ère, Alexandre le macédonien, confronté à cette épreuve, trancha d’un coup d’épée l’inextricable ligature.
Mais, pour Xavier Mauméjean, Alexandre se confronte à la prophétie et s’engage corps et âme pour vaincre ce nœud. Il y parvient en six mois. Depuis son empire s’étend de l’Inde à l’Angleterre et sa lignée se perpétue.
2200 ans plus tard, à Londonpolis, Thomas Drake monte sur un ring pour gagner de quoi couvrir les dettes de Niarkos, qui lui a sauvé la vie. Philippe de macédoine, le frère cadet de Sykander le souverain est présent. À l’issue du combat, il propose un emploi à Thomas. Mais, ce dernier est "enlevé" par les dirigeants de la Compagnie des Indes pour qui il a travaillé dans le passé, quand il était espion au sein du Filet. Ceux-ci ont appris, par leur réseau, la mort du souverain sans doute empoisonné sur ordre de Philippe et veulent préparer l’avenir. Une clause ancestrale édicte que le frère cadet ne peut régner à la place de son aîné quand il existe des héritiers. Aussi, Philippe s’appuie sur une prophétie retranscrite par l’archiprêtre de Delphes qui énonce que s’il épouse la fille de Sykander, il sera proclamé empereur.. Or, seuls les fidèles de Philippe on entendu cette prédiction. Roxane, la princesse en question, possède un caractère que l’on peut qualifier, au minimum, de trempé ...et elle déteste son oncle !
La Compagnie des Indes choisit de donner son appui à la princesse qui veut briser le système des castEs. C’est Thomas qui doit convaincre la jeune femme de renoncer à servir la déesse Athéna-Lakshmi, pour régner. Tout simplement !!!
Une uchronie s’apprécie par la pertinence de son point de divergence et par le jeu avec les possibles et avec des "boisseaux d’avenirs." Xavier Mauméjean, qui n’est pas à son coup d’essai dans la construction de mondes alternatifs, entremêle les civilisations de l’Inde et de la Grèce, crée la civilisation alexandrine. Cette nouvelle société est basée sur la religion, l’armée et l’esclavage. Les droits de l’homme n’ont pas encore été écrits et le monothéisme n’a pas pu s’installer. Apollon règne en maître sur un panthéon gréco-indien.
Xavier Mauméjean place son intrigue en 1844 (date de notre histoire officielle) et s’attache à reprendre les composantes de l’existence à cette époque avec cohérence et pertinence. L’ère industrielle pointe, ce qui fait dire à Thomas : "Prends garde à ce que l’acier des machines ne remplace pas le fer des esclaves."
Mais l’auteur s’attarde que modérément sur ce « décor » pour s’intéresser aux personnages et aux péripéties. C’est, alors, un feu d’artifice qui ne comprendrait que des bouquets finals. Une apothéose ! Entre la princesse Roxane, Thomas Drake, un fils de pêcheur écossais, espion et aventurier, il y a fort à faire. Ce couple de héros est entouré de personnages hauts en couleurs, tel Ben Yosef, le conservateur de la bibliothèque d’Alexandrie, (Qui n’a pas été détruite) un philosophe à la mémoire d’éléphant, Nasir Shâh, le chef de la garde de la princesse, Indra, un/une hijra et Niarkos l’ancien champion.
Outre une érudition incontestable, on retrouve, tout au long du récit, les meilleurs effets des romans d’aventures exotiques. L’auteur nous régale de nombre de pointes humoristiques tant sur les caractères de ses personnages que sur leurs situations, d’ironie et de remarques au second degré. Ne fait-il pas dire : "Oh ! Les guerres ne se livreront plus sur des champs de bataille, mais sur les marchés financiers."
La Princesse des Lumières conjugue une lutte pour la liberté à un roman d’aventures débridées, une aventure humaine où l’amour trouve également sa place.
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