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Passons maintenant aux choses sérieuses : la littérature de l’univers des jeux de rôle. Nombreux sont les ouvrages que nous pourrions classer dans cette catégorie. Entre Tolkien, Warcraft, Feist, il y a de quoi trouver une grande quantité d’ouvrages de qualité (ou non). Mais nous ne prendrons pas ces œuvres connues et reconnues de tous. Non, nous nous pencherons sur les livres de John Lang, l’auteur que nous suivons depuis le début de cette série d’articles. Et la raison en est simple : il est français et écrit en français. Ici, aucun traducteur ne « pervertit » la volonté de l’auteur. Un peu de patriotisme que diable ! La Couette de l’Oubli ne fut pas son premier roman. D’autres ouvrages furent écrits par l’inventeur du Donjon de Naheulbeuk. Mais il n’eut pas de franc succès. Ce n’est que lorsque la saison 3, au lieu de paraitre en audio, se retrouva chez tous les libraires dignes de ce nom qu’il fut reconnu comme auteur par la masse populaire. Et quand nous le lisons, il y a de quoi être d’accord.
Et il n’est pas besoin d’avoir écouté durant des centaines d’heures les deux premières saisons pour comprendre l’histoire : l’auteur arrive à résumer de manière attrayante et drôle toute son œuvre audio au fil des premiers chapitres. Bon, certes c’est plus drôle de l’avoir écouté avant (rien que pour pouvoir nourrir son imaginaire des voix de nos vaillants héros...). Donc tout le monde va là et là (et peut être là) pour l’écouter (téléchargement gratuit, légal et qui ne bousille pas votre ordinateur !) Les aventuriers ont enfin atteint Boulgourville. Ils disposaient d’une semaine pour faire un trajet de 10 jours par la route. Ne me demandez pas comment ils ont fait, ils y sont arrivés au prix de nombreuses rencontres (saison 2)...
Sauf qu’arrivés là-bas, s’ils ont pu donner à leur commanditaire la statuette qu’ils avaient volée, ils se sont aussi fait plumer leur paiement par les différentes administrations de la Terre de Fangh. De quoi rendre tout le monde heureux pour accueillir la plus dure des nouvelles de cette soirée : ils ne pourront se séparer. Et cela car ils doivent réparer leur bêtise : en vendant la statuette, ils ont permis à un sorcier maléfique d’avancer sur une case de la perfidie et son plan machiavélique s’en trouve renforcé, à la limite de l’accompli. Leur nouvelle mission, et ils ne peuvent que l’accepter sous peine d’essuyer un échec critique ( = « se faire défoncer la gueule » [définition issue de l’univers, nous ne sommes en rien responsables]), est de retrouver le sorcier malfaisant. Cela pour récupérer la statuette afin de ne pas lui permettre de faire revenir Dlul, le dieu du sommeil et de l’ennui. Celui-ci veut en effet, pour faire simple, endormir tout le monde : la Belle au bois dormant au niveau mondial ? De quoi faire peur...
Un grand méchant mais pas au sommet de sa forme, une mission quasi-désespérée, une compagnie, des tavernes, des elfes et des nains, nous avons tout ce qu’il faut pour nous croire dans l’univers de Tolkien, cet auteur qui m’est si cher. Les habitudes de la Fantasy sont là, mais elles côtoient un humour que nous connaissons tous depuis 2000. D’un point de vue littéraire, que nous nous devons d’analyser, le livre surprend : l’histoire est aux antipodes du style. Si on comprend facilement la mission des aventuriers, il n’en va pas toujours de même du texte : il faut parfois se référer au dictionnaire : l’auteur a réussi à trouver plus d’une dizaine de synonyme au mot « baffe »... Une très belle invention de l’auteur se trouve dans les bulletins cérébraux : afin de couper un peu le fil du récit et de divertir le lecteur, John Lang a eu l’idée de placer quelque lignes, pouvant parfois faire une demi-page, de réflexion d’un des six aventuriers. Tout y passe : autocongratulation, réflexion « philosophique », plainte au sujet de l’environnement ou d’un camarade, expression d’une faim insatiable, etc.
Ici pas de travail de traduction (sauf si vous n’êtes pas Français) : enfin un livre de Fantasy où la langue de Molière est à son sommet ! Et ce sommet sert une histoire et un humour simples, à portée de tous, même des non-initiés de l’univers. C’est ce qui fait sa force : tous ont le droit de le lire ! N’hésitez pas ! Ce n’est pas tout les jours que nous trouvons le livre parfait pour nous détendre tout en lisant du vrai « bon français »...
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John Lang, La Couette de l’Oubli, Edition Octobre, juin 2008, 313 p.- 18,50 €
Format poche : parution octobre 2009, 376 p. - 7,60 € |
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