Pour faire mentir Édith Piaf qui chantait : « Dieu réunit ceux qui s’aiment... », le Seigneur en question décide de renvoyer sur Terre Arkel et Solenne, pour vivre une nouvelle existence. Ces deux amants, qui viennent de passer quelques siècles de bonheur, auraient bien continué. L’ange qui leur annonce cette décision du Tout Puissant, précise qu’ils se croiseront sans doute, mais sans ressentir de sentiments l’un pour l’autre.
Billy Bob aide ses parents, des fermiers, qui ont bien du mal à joindre les deux bouts. Billy, en plus d’un strabisme convergent très marqué, a un secret : depuis deux ans il écrit un feuilleton qui parait dans le Littletown Post avec un certain succès. Chaque samedi soir, il s’échappe de la maison pour aider gracieusement à l’édition du journal, en échange de la publication de son feuilleton. Ce soir, c’est le dernier épisode et Richez, le patron du journal, lui avait promis de mettre le nom de l’auteur à cette occasion. Or, rien de tel ! Billy insiste et demande un retirage. Il se fait mettre dehors.
Avec l’aide de son père, qui lui donne une partie de l’argent destiné à rembourser la banque, il part pour Hollywood, où il est persuadé de vendre très cher son histoire. En route, dans un motel, il amène sans le vouloir, le fiancé de Scarlett à découvrir celle-ci dans une position qui ne laisse aucune ambiguïté. Billy s’enfuit et Scarlett bondit dans sa voiture...
Féru de cinéma, Jérôme Félix s’inspire des histoires et atmosphères qui l’ont marqué. Pour la présente série, le point de départ peut se rapprocher de L’extravagant Mr Deeds de Frank Capra. Billy Bob, le héros, est un gentil et un romantique. Cependant, la société qu’il veut rejoindre est un lieu où les confrontations de fortes personnalités, les enjeux financiers, ne laissent pas la place à un doux rêveur. Peu à peu, il évoluera et l’auteur se rapproche alors de l’esprit des frères Coen et notamment de The Big Lebowski. Il prend pour décor de son récit l’Amérique des années 30, le Texas aride et la Californie qui prend son essor.
Tout en maintenant à son histoire un rythme soutenu, Jérôme Félix privilégie les personnages, leur caractère et leur évolution. Il donne au patron du journal qui publie le feuilleton de Billy, un personnage peu reluisant, cynique, exploiteur, le patronyme de son directeur de collection. Clin d’œil amical ou vengeance ?
Ingrid Liman, qui signe ici son premier album a été bien guidée par le scénariste. En effet, celui-ci, ancien dessinateur, livre son scénario sous forme de script où le cadrage comme le découpage sont déjà bien définis. Cependant, Ingrid Liman a su mettre en scène ce petit monde avec un graphisme élégant, une constance dans la représentation des personnages que des « aînés » dans la carrière peuvent lui envier. Elle restitue avec justesse les caractères, les sentiments qui les animent, l’ambiance et le cadre avec un trait soigné.
Hollywood boulevard se présente comme le début d’une série attrayante. "Les Clefs du Paradis" donne très envie d’y entrer pour découvrir la suite.
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