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Rendez-vous avec l’Art
Quatre nouveaux opus viennent compléter cette drôle de collection. A la fois didactique, homogène et ludique. Sans oublier une belle mise en page et une iconographie soignée. Bref, des livres tout aussi indispensables aux élèves de lycée, qu’aux étudiants. Voire à ceux qui préparent un voyage. Ou qui veulent se plonger dans les méandres de l’histoire de l’art.
R.-V. avec l’art gothique L’art gothique apparaît dans la seconde moitié du Moyen Âge. On l’appelle aussi art classique ou rayonnant. Le terme gothique qui a été remis en valeur par les écrivains romantiques, tend à définir un style qui a très vite connu son épanouissement dans la France du nord. On le distingue de l’art roman, par exemple, grâce à l’arc brisé. Et à la voûte sur croisée d’ogives. A l’époque gothique, outre le progrès technique et la standardisation des matériaux employés pour la construction, c’est l’épanouissement des villes, l’évolution de l’esprit qui habite désormais la société qui nourrit cette transformation artistique. Si la cathédrale - avec ses vitraux - ou l’hôtel de ville - avec sa somptuosité démesurée - s’imposent aux yeux de tous, c’est qu’ils imposent un imaginaire qui embrase le cœur de la cité... Si, à l’époque romane, les peintres couvraient d’images les parois des édifices religieux, dans une cathédrale gothique, le vitrail remplacera la peinture car la grande nouveauté de l’art gothique est la lumière ! Et toute la recherche esthétique des bâtisseurs ira dans ce sens. L’église devient alors transparente. Et l’unité de l’espace est atteinte par le biais de la lumière domptée. Le rapprochement avec Dieu s’effectue grâce à cette lumière. Les peintres ne tardent pas à suivre le mouvement, et l’un des plus fameux d’entre eux, Jan Van Eyck - dont la réputation se répandit rapidement dans toute l’Europe - offrait à voir des toiles dont le naturalisme passionna surtout les italiens. Un lien se tisse alors qui verra par la suite le passage de l’art gothique à celui de la Renaissance, avec des variantes selon les régions. D’un côté Raphaël ou Léonard de Vinci s’imposent très vite. De l’autre, un débat s’instaure entre l’attachement à l’esthétique gothique et le nouvel humanisme. Avant Dürer (1471-1528), l’œuvre de Jérôme Bosch (1453-1516) illustre, dans son isolement et son originalité, la lutte entre l’exubérance flamboyante et les tourments de la pensé médiévale. Mais aussi le lent développement d’une nouvelle culture, littéraire et scientifique, humaniste, qui est celle de la Renaissance, non-italienne.
R.-V. avec l’art de Rome Très richement illustré, ce livre vous emmène aux temps des Romains. Qui, ne l’oublions pas, ont joué un rôle déterminant dans l’histoire de l’humanité. Les innombrables œuvres d’art qu’ils nous ont laissées ont dépassé les frontières du monde méditerranéen. Si les formes et les techniques artistiques romaines avaient été créées par les Grecs, les Romains surent adapter ce langage issu d’une autre culture à la leur. Ils imposèrent une modernité nouvelle en faisant montre d’indépendance d’esprit, tout en restant dans l’orientation religieuse. Une orientation difficile à définir, en réalité, car, dans l’Antiquité, il n’existait pas de distinction nette entre le sacré et le profane. Le Romain était tout à fait conscient d’appartenir non seulement à une communauté, mais aussi à un cosmos. Ou bien un ordre supérieur, dirigé par des puissances aux noms les plus variés. Pour Rome, cette perception de l’ordre cosmique et de la relation avec le divin justifiait ses politiques de conquête. Quant à l’art d’Etat - toujours de nature religieuse - et les messages des artistes confirmaient implicitement la valeur de l’ordre établi, justifiaient le pouvoir et rassuraient aussi bien l’ensemble de la communauté que les individus qui la composaient. Par ce livre, vous suivrez le parcours - nécessairement synthétique - qui a progressivement transformé Rome - modeste habitat du Latium - en capitale d’un Empire universel, avant d’être évincée par Constantinople. Vous verrez que, dans cette évolution, l’art a été investi volontairement d’une mission essentielle... L’art de Rome produisit - dans toutes les parties de l’Empire - des monuments aussi divers que l’Ara Pacis au style raffiné, l’Arc de Septime Sévère et les monuments des provinces impériales aux formes réalistes et expressives, les intérieurs splendides, ornés de fresques... Et aux côtés de ces œuvres d’art majeures, des créations plus modestes issues de l’artisanat exprimèrent tout aussi bien l’authentique leçon de vie. C’est bien cet ensemble riche et varié qui forma l’humus culturel dans lequel la civilisation occidentale a puisé toute ses racines.
R.-V. avec l’art précolombien de la Mésoamérique Pour comprendre les œuvres d’art mésoaméricaines, il est indispensable de connaître le sens et la finalité que les anciens peuples autochtones d’Amérique centrale attribuaient à l’art. Mais aussi dans quel contexte historique, politique et social ces œuvres d’art furent créées et mises au service de la cité. Les sociétés mésoaméricaines étaient pictographiques. La communication publique et la transmission de la mémoire s’opéraient à travers des images. Un code usuel qui exigeait une lecture spécifique. Qui se déroulait oralement, par le biais d’une expression extrêmement formalisée. Ce mode d’expression influença leur création artistique. Comme l’attestent les documents historiques qui nous offrent des descriptions surprenantes des rencontres qui eurent lieu au début du XVIème siècle entres les Mésoaméricains et les Espagnols. Les indigènes leur offrirent des costumes très sophistiqués tout en tentant de découvrir dans le ciel, dans l’habillement ou dans les comportements des Espagnols, les "signes" qui auraient pu expliquer leur identité. Pour les Mésoaméricains, l’art consistait à manipuler ces signes qui fondaient l’essence même du monde. Les œuvres d’art deviennent donc élitistes. Réalisées par des individus cultivés, elles sont aussi destinées à des personnes érudites capables de les analyser jusque dans leurs moindres détails. Si bien que chaque peuple développa ses propres traditions artistiques. Avec un grand nombre de spécificités, à travers des formes variées, comme l’architecture, la céramique, la sculpture et la gravure sur la pierre noire, sur le bois ou les os et les coquillages, le modelage du stuc, la peinture murale, le travail de l’obsidienne, du silex et des pierres semi-précieuses, les mosaïques de plumes, le tissage, et - dans une moindre mesure - la métallurgie de l’or et du cuivre.
R.-V. avec l’art tibétain Au VIIème siècle, le Tibet entra dans l’histoire : inscriptions, architectures et témoignages artistiques attesteront de la créativité et de la force de sa civilisation. Les textes citent de nombreux bâtiments, tours de défense, palais et sanctuaires bouddhiques. Ils relatent la venue d’artisans népalais, chinois ou khotanais pour exécuter une partie du décor des temples... Mais bien peu de réalisations subsistent de cette ancienne époque, et l’absence de fouilles stratigraphiques prive les spécialistes de renseignements précieux. Heureusement, depuis sa création au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le savant italien Guiseppe Tucci, l’histoire de l’art tibétain s’est considérablement modifiée. Ce livre en témoigne. Il vous invite à suivre l’évolution de cette esthétique essentiellement religieuse au travers de monuments souvent grandiose et d’œuvres portatives replacées dans leur contexte historique et culturel. Le coup de projecteur est plus particulièrement mis sur les périodes d’apogée allant du XIIème au XVIIème siècle. Construit autour de chapitres thématiques, l’iconographie du bouddhisme lamaïque est très bien en valeur. Entre planches et textes clair et concis, vous irez des bodhisattvas à la Vacuité universelle, du symbolisme sexuel aux divinités tutélaires et aux gardiens de la doctrine, sans oublier les formules magiques les diagrammes de méditation...
Avec toujours cette double page centrale qui s’ouvre en deux rabats supplémentaires pour vous offrir soit une immense carte ou des images de grandes tailles qui symbolisent le cœur du sujet, ces livres malins sont à collectionner pour tout amateur d’art...
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Xavier Barral i Altet, R.-V. avec l’art gothique, traduit de l’italien par Fabienne-Andréa Costa, Rouergue, octobre 2009, 72 p. - 19,00 €
Cornélia Isler-Kerényi, R.-V. avec l’art de Rome, traduit de l’italien par
Fabienne-Andréa Costa, Rouergue, octobre 2009, 72 p. - 19,00 €
Davide Domenici, R.-V. avec l’art précolombien de la Mésoamérique, traduit de l’italien par
Fabienne-Andréa Costa, Rouergue, mars 2009, 72 p. - 19,00 €
Gilles Béguin, R.-V. avec l’art tibétain, Rouergue, mars 2009, 72 p. - 19,00 € |
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