Publié à l’occasion de l’exposition présentée à Nantes, au musée des Beaux-Arts, du 20 novembre 2009 au 1er mars 2010, ce livre démontre combien l’Italie a su influencer toutes les recherches de la fin du XIXe siècle jusqu’aux premières années du XXe.
Riche d’une très importante collection de peintures italiennes allant du XIIIe au XVIIIe siècle et, pour le XXe siècle, d’œuvres de Magnelli, Manzoni, Pascali mais aussi Boetti, Fabro, Parmiggiani ou Penone, le musée de Nantes a axé sur regard vers l’Italie. C’est pourquoi la poursuite de cette orientation l’a conduit à porter son regard vers l’influence de la culture italienne - tant plastique que littéraire - sur la création en France entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Au-delà des artistes ayant bénéficié de l’académique prix de Rome, une majorité d’artistes ont réalisé le voyage en Italie. Ils accomplissaient non seulement le pèlerinage des sites mythiques tels que Rome, et la chaude lumière de la péninsule mais également redécouvraient les maîtres de la première Renaissance. Et l’importance des décorations murales.
Cette exposition propose au visiteur - et au lecteur pour ce qui concerne cet ouvrage - une approche inédite. Une manière peu convenue de suivre la leçon des maîtres. En mettant l’accent sur les peintres qui ne n’inscrivent pas exclusivement dans la tradition académique. Mais qui osent une nouvelle approche du patrimoine italien.
Du premier voyage de Manet (1853) au séjour de Picasso, cherchant l’inspiration pour le décor et les costumes du ballet Parade (1917), le regard a évolué. Par exemple, Picasso s’est approprié les fresques de Hans von Marées, à l’Aquarium de Naples. Ainsi la lumière du sud à permis à certains peintres de renouveler leur palette. La magie de la lumière a su détourner les peintres de leurs références habituelles. Corot fut le premier a s’abandonner aux monuments et paysages.
Pour d’autres - Degas, Moreau, Renoir, Rodin, Matisse - l’inspiration viendra de sources iconographiques puisées dans les musées et les expositions. Mais au-delà de la tradition des prix de Rome, le renouvellement du regard semble faire tâche d’huile. L’émigration italienne de la fin du XIXe siècle amène à Paris ces femmes altières et très typées qui fascinent tant les portraitistes.
D’un autre côté, Picasso et Giacometti (dans les années 1920) s’intéressent aux Etrusques. Mais cela marque aussi un tournant. Les fresques de Pompéi ou les artistes de la Renaissance sont "oubliés". C’est pour cela que cette exposition a choisi de s’arrêter au milieu de la grande guerre.
Le catalogue en deux parties (Le voyage - La mémoire des maîtres) est précédé de huit essais. Une manière de conduire le lecteur entre histoire et art. De la difficile construction nationale italienne et ses rapports complexes avec la France, au voyage en Italie des impressionnistes. En passant par Dante et les artistes, le peinture décorative et les modèles italiens. Sans oublier Picasso. Qui là aussi, là encore, marquera de son empreinte son passage, de Venise à Pompéi.
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