Adam Chase a été chassé de chez lui par son propre père. Il est resté cinq ans à New York, sans aucun contact avec ceux qui composaient son passé, et se jurant de ne jamais rentrer en Caroline du Nord. Mais un coup de téléphone, un appel au secours de Danny Faith, l’ami avec qui il a grandi, suffit à balayer ses résolutions.
Mais Danny est parti. Il se cache car il a balancé sa petite amie à travers une fenêtre. Le lendemain de son arrivée, Adam est agressé par le père de son ami, secondé par deux malabars. Malgré une défense efficace avec le cric de sa voiture, il prend une raclée. C’est en sortant de l’hôpital qu’il rencontre Robin, Robin dont il a partagé la vie et qui l’attend. Ne voulant pas rentrer chez lui pour ne pas voir son père, elle l’héberge et lui résume la situation. Le comté est partagé entre ceux qui refusent l’installation d’une centrale nucléaire au bord de la Rivière rouge et ceux qui voient, outre l’intérêt économique d’une telle installation, les rapports conséquents de la spéculation. Le père d’Adam, qui devrait céder entre deux et trois cents hectares de terres, refuse même à un prix cinq fois supérieur à leur valeur. Mais le père de Danny, qui s’est endetté pour acheter une quinzaine d’hectares, attend impatiemment la décision d’installation pour réaliser une confortable marge.
Il y a cinq ans, Adam a été accusé d’un crime, accusation basée sur le témoignage de sa belle-mère. Bien que le tribunal l’ait reconnu non coupable, son père a pris le parti de sa nouvelle épouse. Son retour suscite beaucoup de réactions chez ceux qu’il rencontre. C’est le cas de Jamie, son demi-frère, qui voit en lui un rival pour la direction de la ferme, la plus grosse exploitation du comté de Rowan. C’est aussi le cas de Grace, une jeune fille élevée par Dolf, le second de son père, qu’Adam a toujours considérée comme sa petite soeur et cherché à protéger. Aussi, quand elle est agressée alors qu’Adam est la dernière personne qu’elle a rencontré ; quand, aiguillé par un récit de Dolf sur le passé de la ferme, il retrouve le corps de Danny au fond d’une crevasse, sa situation devient plus que critique !
John Hart est né en 1965 en Caroline du Nord. Après des études de droit, il a travaillé dans le secteur bancaire et comme avocat. Son premier roman publié, Le Roi du mensonge (Le Masque-2008) a été très favorablement accueilli par le public. L’auteur ordonnance les séquences de son histoire avec la minutie d’un moine copiste. Il installe, dès le début, une atmosphère déstabilisante avec le parcours de son héros. Il délivre les informations sur le passé d’Adam avec une parcimonie qui frôle l’avarice. Chaque avancée est assortie de nouvelles interrogations, de nouvelles révélations qui relancent le doute. Cependant, il fait entrer le lecteur de plain-pied dans le présent du héros, un présent très agité, entre les rencontres musclées, les retrouvailles lourdes de ressentiment, où sourdent les regrets, les incompréhensions, voire le rejet.
John Hart fait ainsi défiler une galerie de personnages où chacun porte une part d’ombre, plus ou moins grande, entre jalousie, envie, ambition, tromperies, secrets inavouables, cupidité... Il brosse l’image d’une famille où chaque membre est animé de sentiments contradictoires, partagés entre amour et haine.
L’auteur construit ainsi une intrigue très prenante, où la tension est fort bien entretenue par de multiples rebondissements dans le décor rural d’une petite commune. Il illustre également le poids des traumatismes subis pendant l’enfance et leur influence sur la vie d’un adulte. Dans La Rivière rouge, John Hart reprend un thème similaire à celui de son roman précédent : un héros confronté aux secrets et aux mensonges de son père. Il signe, cependant, une histoire passionnante, à l’intrigue bien menée qui dévoile les turpitudes de cette Amérique à la façade bien pensante.
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