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SF
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Après Perdito Street Station (2003) et Les Scarifiés (2005), voici, avec Le Concile de fer, un troisième volet dans l’univers fantastique conçu par China Miéville. C’est un univers où priment des luttes sociales qui se confondent avec des luttes politiques.

Tout commence avec le cheminement d’un groupe de personnages, plus que pittoresque, mené par le Faucheur. Ils ont la Milice aux trousses et traversent un environnement pour le moins hostile. Ils tentent de retrouver le Concile de Fer. L’action se déporte jusqu’à Nouvelle-Crobuzon. Ori est un révolté adhérent au Fléau endémique, mouvement qu’il trouve cependant trop mou pour faire réellement bouger les choses et chasser le Maire protégé par ses milices. Il rejoint les rangs menés par Toro, un opposant virulent, héritier spirituel de Jacques l’Exauceur, exécuté il y a vingt ans. Toro fomente un complot pour tuer le Maire. Cette action peut se monter grâce à l’argent confié à Ori, par Spiral Jacobs, un vagabond, qui trouve le projet séduisant.
Pendant ce temps, le groupe a retrouvé Judas Bezaille, le maître du golem. Tous partent à la recherche du Concile, une entité au développement désordonné, à partir d’un convoi ferroviaire. L’idée est de ramener ce symbole de la résistance à la tyrannie, pour provoquer la révolte en fédérant tous les opposants.
Mais, c’est oublier les capacités répressives du pouvoir en place et les menées de l’empire Tesh...

L’auteur propose un univers où il multiplie à l’envi l’assemblage de sons, les associations de termes, les néologismes, les catégories d’individus. C’est une des constantes du cycle, avec la création de personnages, de protagonistes pour le moins inhabituels. Il multiplie, ainsi, des humains désaxés, des hybrides de toutes natures, des croisements hommes/machines, homme/nature et des métissages plus improbables encore. Il anime, ainsi, une foultitude de personnages, qu’il implique dans une intrigue alimentée par une ribambelle de situations. Il en résulte une histoire dense, luxuriante, presque irritante tant l’auteur y met d’éléments inconnus. Il fait preuve d’une capacité de création débridée au profit d’un récit d’une trame qui reste, néanmoins, classique.
China Miéville s’inspire-t-il, pour construire son cycle, des longues et féroces luttes sociales des années 1980, en particulier celles des mineurs, en Angleterre ? Ne peut-on pas deviner, dans la figure du Maire, l’ombre de La Dame de Fer qui ravagea tout un système social pour aller vers un libéralisme effréné, au seul profit de quelques-uns ?

Une telle saga peut-elle, toutefois, être exempte de quelques défauts ? L’introduction s’étire avant d’entrer dans le vif du sujet et quelques contradictions se font jour, comme cet homme qui, flottant au dessus du sol, met un temps fou à rejoindre un groupe de piétons qui se traînent, devant combattre et contourner des obstacles...
Il faut saluer le travail de Nathalie Mège, la traductrice, qui a dû, plus d’une fois « s’arracher les cheveux » pour transcrire des expressions en un français à inventer.
Le Concile de Fer a reçu le prix Arthur C. Clarke en 2005, récompensant le meilleur roman de SF publié au Royaume-Uni. C’est un livre exigeant par sa trop grande richesse terminologique, mais qui récompense le lecteur opiniâtre avec une seconde partie éblouissante dans l’art romanesque.



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Serge Perraud, le 30 octobre 2009 - article3776.html
China Miéville, Le Concile de Fer, traduit de l’anglais par Nathalie Mège, coll. "Rendez-vous ailleurs", Fleuve Noir, novembre 2008, 564 p. - 22,00 €
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