L’Arctique : terre oubliée
Les conséquences du réchauffement climatique sur l’Arctique sont spectaculaires. On peut affirmer désormais que la glace de la banquise a diminué en épaisseur et qu’elle disparaît une semaine trop tôt lors de la venue de la saison chaude. Malgré quelques régions où la glace est en légère augmentation, globalement, la banquise est en nette diminution. Les glaces sont bien présentes dans l’Arctique canadien, fort heureusement, mais les prévisions de certains scientifiques donnent une fin programmée pour 2100, avec un début important des fontes dès l’été 2040. Quand on sait que les hivers voient la barre des - 40°C. sous abri être dépassée, et que l’on annonce une augmentation moyenne comprise entre 3 et 6°C., on a de quoi de faire du souci.
Il y a près de 21 000 ans, les glaciers recouvraient d’immenses zones de l’hémisphère nord ; c’était l’époque des mammouths. La température moyenne était inférieure de 5°C.
L’Arctique est un océan entouré de terres continentales et parsemé d’une multitude d’îles. Les limites de ces terres sont floues et les climatologues préconisent la courbe isotherme qui prend référence une température moyenne inférieure à 10°C. Les géographes préfèrent la hauteur des arbres...Une chose peut mettre tout le monde d’accord : les terres arctiques sont un milieu naturel pauvre, globalement dénué d’arbres, bien qu’on ait relevé au Groenland des saules nains de plus d’un mètre.
L’Arctique se réchauffe inexorablement et le fait que l’on enregistre encore sur le terrain des températures toujours aussi glaciales en hiver ou des étés très frais ne change rien à cette tendance. Les Inuits restent sceptiques et soutiennent qu’il est déjà très dur de prévoir le temps à quelques jours dans l’Arctique, alors de là à le faire sur plusieurs années. Mais n’est-ce pas la politique de l’autruche ?

Ces dérèglements climatiques ont mené certaines espèces animalières à modifier leur date de migration ou à se mettre en quête de nouveaux territoires. Ainsi, il semble que le grizzly gagne peu à peu quelques degrés de latitude vers le nord, à tel point que l’on peut le rencontrer maintenant sur des îles arctiques comme l’île Victoria ou l’île de Banks, domaines des ours blancs. Qu’adviendra-t-il quand ces deux prédateurs se retrouveront face-à-face ?

Mais le véritable problème sera sans nul doute l’augmentation de l’activité humaine, en particulier la navigation commerciale qui va s’intensifier avec la fonte des glaces. Le passage que convoite les armateurs sonnera la fin de la faune, sans parler des prospections qui vont aussi venir détruire la nature en exploitant les fonds et sous-sols roches en pétrole et en minerai... Un bouleversement qui aura des conséquences incalculables.
Cet ouvrage risque bien d’être le dernier témoignage d’un univers exceptionnel en passe de devoir se décliner au passé. Il sera l’étalon pour les générations futures qui n’auront pas connu la splendeur de l’Arctique. Riche d’une iconographie pour l’essentiel inédite, il se différencie de tous les autres publiés sur ce sujet. Avec un récit vécu par l’auteur sur la banquise au cours de ses vingt-cinq expéditions, cet extraordinaire album aux photos à couper le souffle est bien à inscrire au patrimoine mondial de l’humanité.
Nota -
Deux sites en prolongement de ce très très bel album :
celui de Pierre Vernay
et celui du projet Polarlys.
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