Botanique numérique
Publié à l’occasion de l’exposition Fractal Flowers in vitro de Miguel Chevalier, qui se tient au musée de la Chasse et de la Nature du 22 septembre 2009 au 3 janvier 2010, ce livre ouvre les portes du monde numérique de l’art virtuel, un art qui se façonne à l’aide d’un ordinateur pour reformuler les grandes interrogations qui nous habitent depuis la nuit des temps. Le travail de Miguel Chevalier qui transgresse ainsi les règles en abordant le champ des arts plastiques exclusivement par l’informatique, mérite notre attention.
Une fable accompagne ces herbes folles, une fable à trois personnages, A., B. et C., trois personnages sans sexe ni caractéristiques physiques car c’est une histoire d’amours... avec un grand S.
Une histoire inventée par Jean-Pierre Balpe, qui poursuit en parallèle à sa carrière universitaire une démarche poétique dans le domaine de la relation entre littérature et informatique. Le point de départ de son récit est la réception par A., président du plus important club d’herborisateurs amateurs de France, d’un DVD anonyme posté de Linz, accompagné d’une simple note rédigée en français : "Un herbier que peut-être vous ne connaissez pas." A. n’en dort plus...

Expliquer un herbier nécessite l’usage, l’aide de mots, ces mots qui ne sont que des mots, finalement, quoique aussi des outils signifiants, porteurs d’une image, donc aptes à traquer l’incertitude, l’inexactitude et à sommer la vérité de s’avancer ; mais quelle vérité en art peut se donner ainsi sans réelle raison ? "Qu’est la vérité face à l’imaginaire et à la poésie ? La réalité n’existe pas, n’existe que sa perception, or toute perception souffre de la relativité."
Les mots ne serviront alors qu’à rendre compte, un point de vue parmi cent, mille autres, dans un tourbillon qui fait que tout change tout le temps. Alors qu’elle importance l’espèce ici présentée, du moment que l’émotion ressentie à sa découverte est foudroyante ?
Alors A. comme amateur s’adresse à B. B. comme botaniste, un ami, avec lequel il pourrait tenter d’élucider cet herbier d’un autre genre. Il agira en scientifique, car il sait
"que tout herbier, d’une certaine façon, est auto-référent, chaque plante renvoie à l’ensemble des autres, aucune d’entre elles ne peut être décrite en dehors d’une description générale. Un herbier fonctionne en vase clos." Mais ici, ce n’est pas le cas, alors B. abdique et la fable aurait pu s’arrêter là, mais il y a C. ; C. comme créateur, ainsi A., B.et C. deviennent complémentaires et l’énigme est en passe d’être résolue : l’union faisant la force, les dernières pages devraient nous donner la solution...
A vous de la découvrir, de vos yeux ébahis en vous rendant d’abord à l’exposition ; vos yeux y seront ravis, du souvenir de la visite et des pages qui tournent entre vos mains, par la ensuite, lorsque vous lirez ce petit bijou de livre qui se donne comme un catalogue d’exposition mais qui est plus, bien plus...
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