Depuis quelques années, les « cahiers de vacances » destinés à amuser les adultes tout en rafraîchissant leur culture générale jouissent d’un tel succès qu’il était inévitable d’en voir paraître aussi chez un éditeur spécialisé dans la littérature érotique.
Comme il se doit, l’ouvrage « parascolaire » de Marc Dannam est censé vous améliorer dans toutes les matières - mathématiques, français, géographie, histoire, sciences naturelles, anglais, travaux pratiques... -, à l’aide d’exercices dont la plupart sont hilarants. L’auteur exploite habilement le potentiel comique du style pédant en usage pour les consignes, pour vous faire calculer, plutôt que le débit d’un robinet, le nombre d’hommes en action dans une boîte échangiste, ou pour vous interroger très sérieusement sur les procédés d’un extrait érotique de Maupassant, sans oublier que certains lecteurs pourraient avoir besoin d’explications comme celle-ci : « Champ lexical : terminologie prétentiarde employée désormais par les livres de français de classe de 6e pour désigner “les mots de la même famille“. » (note en bas de page, p. 14).
Dans la plupart des cas, les exercices sont trop drôles à lire pour qu’on songe à les faire, ce qui n’est pas grave : les corrigés placés en fin d’ouvrage, non moins cocasses, s’offrent à enrichir vos connaissances, notamment en vous renseignant sur les habitudes sexuelles de Lord Byron ou sur les synonymes de tels termes indécents. On apprécie beaucoup les exercices de culture générale où il s’agit de reconnaître, en lisant des descriptions paillardes, des tableaux de maîtres qu’on peut voir au Louvre, ou de réviser les incarnations de Casanova au cinéma - Dannam est manifestement cinéphile, car il s’arrange pour glisser ce genre de questions même dans les chapitres où elles ne s’imposent pas, et c’est tant mieux, ne serait-ce qu’en raison de la variété que cela apporte au contenu du livret.
Quand on connaît le niveau courant des lectures érotiques actuelles, qu’on devine fabriquées à la chaîne par des gens certains d’avoir un public d’illettrés, on se réjouit de tomber enfin sur un auteur à la fois cultivé, spirituel et inventif. S’il y a des critiques à adresser à ce Cahier de vacances, c’est au sujet de ses illustrations : certes, il est normal qu’elles ressemblent à celles, généralement exécrables, des livres scolaires, mais s’agissant d’un ouvrage censé titiller les sens, on les aurait préférées un peu moins laides et, visuellement parlant, de meilleur goût.
On espère que les images du Cahier n°3 seront du niveau du texte.
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