Eleanor Rigby, non, ce n’est pas le nom de l’héroïne de ce roman. L’héroïne s’appelle Liz Dunn. Elle a 36 ans, elle est grosse, pas jolie, elle a un boulot quelconque et, surtout, elle est seule, malgré sa famille qui la harcèle, qui a pitié d’elle, qui voit sa "solitude" comme une sorte de tare et qui tente de son mieux de remédier à cet état de fait.
Liz a toujours été seule, depuis sa plus tendre enfance, elle n’en souffre pas plus que ça, elle a l’habitude... elle n’attend rien de plus de la vie... c’est sa vie. Adolescente, avec son école, elle participe à un voyage d’étude à Rome. Elle n’a que 16 ans, elle se laisse émerveiller par un jeune Viennois sur un toit lors d’une soirée trop arrosée.
Bien plus tard,, elle se fait opérer des dents de sagesses et, de ce fait, doit rester au calme, quelques jours chez elle... Pour passer le temps elle loue des films à l’eau de rose, films qui lui racontent des histoires, la font rêver, quoi de plus banal. L’archétype de la vieille fille frustrée est en place. Un premier coup de fil va changer sa vie, le jour où une comète passe près de la Terre...
C’est marrant de se dire qu’il a fallu une comète pour déclencher un changement, certes petit mais radical, dans ma vie. Jusque-là, j’avais passé au crible le contenu de mes jours à l’aide d’un tamis toujours plus fin, m’efforçant d’éliminer ces vilains morceaux tranchants qui me causaient de la peine : idées noires, vaines habitudes, raisonnements mécaniques. Comme tout un chacun, je voulais découvrir si mon existence allait jamais avoir un sens, ou peut-être même ressembler à une histoire. Suite à Hale-Bopp, je me suis rendu compte que ma vie, bien que techniquement acceptable, ne me réserverait plus rien d’autre. Si je parvenais simplement à maintenir l’équilibre d’alors pendant encore quelques décennies, le coroner pourrait me balancer dans une tourbière sans que j’aie jamais une seule fois véritablement pété les plombs.
Un jeune homme hospitalisé, en grande difficulté, porte à son poignet un bracelet "prévenir en cas d’urgence" avec son numéro de téléphone... Il a 20 ans, il s’appelle Jérémy, il est très malade et elle découvre que c’est son fils... un enfant illégitime et inespéré conçu à la sauvette sur le toit à Rome.
Sept ans plus tard, un deuxième coup de fil et un deuxième voyage, à Vienne cette fois, vont, là encore, changer sa vie...
All the lonely people, where do they all come from ? All the lonely people, where do they all belong ? écriviat Paul McCartney en 1966... Douglas Coupland, écrivain canadien, grand spécialiste de l’observation des difficultés de la vie, tente de répondre à la question de McCartney à travers la vie de Liz : que deviennent les gens seuls ? Réponse : les gens seuls finissent par trouver leur place, Liz Dunn a finalement trouvé sa place ! Nous n’en dirons pas plus.
Publié pour la première fois en langue anglaise en 2004, traduit en français et publié en 2007 par Le Diable Vauvert, Eleanor Rigby sort aujourd’hui en format poche pour notre plus grand plaisir.
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