Il y a six cents ans, les Doranens ont fuit Morg, le maléfique sorcier. Arrivant dans la terre de Lur où vivaient les Olkens, Barl, la magicienne, conclut un accord avec les habitants de cette contrée : les Doranens dirigeraient et protégeraient les Olkens, soutenus par leur magie, tandis que ces derniers accompliraient les tâches quotidiennes du commerce et de l’agriculture. Les nobles magiciens apparurent, et le Mur de Barl, protection contre Morg, s’érigea par la puissance de la Climagie.
Et depuis six cents ans, le royaume prospère à l’abri du monde extérieur. En effet, en régulant le climat du Royaume, le Climagicien, roi de Lur, renforce l’œuvre de Barl et permet à tous, aux magiciens doranens et aux Olkens, de vivre en harmonie. Seule condition : les Olkens ne doivent s’approcher de la magie, ni la pratiquer...
Contre toute attente un triste événement survient, et le deuil frappe la famille royale : lors d’un accident, tous périssent. Tous, sauf un : Le prince Gar, autrefois surnommé l’infirme, car il n’avait pas en lui la magie des Doranens. Or depuis quelque temps, miracle de la déesse, le pouvoir de son peuple semble l’investir. Et un long règne de paix se profile à l’horizon...
Mais les caprices divins, les prophéties et autres puissances surpassant les hommes se jouent du nouveau roi. Alors que les pouvoirs magiques de Gar disparaissent, Asher, l’ami olken de celui-ci, découvre qu’il peut manier la magie. Pourquoi ? Si certains le savent, lui se questionne et cherche à sauver sa vie, alors que les impératifs de l’État le forcent à la mettre en danger. Mais ce n’est pas tout, car pour couronner le tout, arrive Morg... Comment est-il rentré dans Lur, a-t-il passé le mur ? La prophétie si ambiguë pourra-t-elle s’accomplir afin de sauver le royaume ? La terre de Lur est-elle condamnée au chaos ?
D’origine australienne, Karen Miller signe un livre accrochant grâce à un style d’écriture léger. C’est un monde complet et étranger, dans lequel nous transporte l’auteure, avec ses lois, son droit (constitutionnel, civil, économique...), son histoire, sa magie, sa langue... Mais ce monde se rapproche aussi du nôtre dans de petits moments par quelques clins d’œil. Par exemple, le thé se boit comme dans les pays anglo-saxons. À croire que cette boisson est universelle... Et le café alors ?
Malgré tout, il y a un côté traditionnel dans cette œuvre. Les topoï de la fantasy s’y retrouvent, que ce soit avec les guildes de commerce ou dans une quête désespérée avec un ennemi impossible à vaincre. Mais bien entendu arrive la prophétie qui sauvera le monde, même si pour cela des innocents doivent mourir, tout en le changeant.
La fin semble connue, et on trouve peu de surprises au cours de l’histoire. Ce qui compte est le moyen de parvenir à la clôture de cette série. Il est intéressant de voir les politiques du royaume s’affronter, la magie être décrite d’un point de vue externe pour commencer avant que ce ne soit de manière interne par l’intermédiaire d’Asher. Et au passage nous nous attacherons aux héros, chacun d’eux ayant ses forces, ses faiblesses. Seule critique à ce sujet : le héros est un vrai héros, tels les chevaliers de Chrétien de Troyes : en n’ayant jamais fait de magie, il arrive seul à maîtriser des sorts que les plus grands mages du royaume n’oseraient imaginer. Certes, nous sommes dans un monde étranger, mais Harry Potter, lui aussi sujet d’une prophétie, n’a-t-il pas dû passer sept ans dans son école avant de devenir un grand sorcier ? Asher lui n’a besoin que d’une journée...
C’est donc un agréable moment que l’on passe à lire ce livre qui raconte la fin d’un monde tel que nous l’avons connu dans le premier volet. Lur sera sauvée par la prophétie mais sera-t-elle toujours la même ou la guerre contre Morg changera-t-elle ce monde, voila la question que le livre tend à résoudre...
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