Peter Brook signe un beau spectacle, court et dense, en forme d’adieu à son théâtre, tout en douceur et en retenue. Les magnifiques poèmes de Shakespeare, un rien précieux, sont présentés dans un cocon de délicatesse, de finesse, de puissance contenue.

Cette lecture à la fois universelle et intimiste dit le drame de l’amour lentement épelé, épluché, pesé, dépecé. Une réflexion sur le temps, la dérive des sentiments, la victoire du verbe. Pour les diseurs, est élaboré un jeu scénique élémentaire, accompagné de musiques discrètes de Couperin, de sobres mimiques, interactions minimales ou intrusives, mettent en valeur les paroles fortes, le cadre précieux de la salle des Bouffes du Nord.
Une « mise en espace » plutôt qu’une véritable « mise en scène ». Un joli moment de suspension, soit. Mais est-ce encore du théâtre ? Cela est douteux. De la lecture savamment orchestrée, qui conduira moins à se pâme qu’à méditer, avec une moue de satisfaction contenue.
Love Is My Sin, sonnets de William Shakespeare
Mise en scène : Peter Brook
Adaptation théâtrale : Peter Brook
Collaboration artistique : Marie-Hélène Estienne
Avec : Natasha Parry, Bruce Myers
Musique : Franck Krawczyk
Lumière : Philippe Vialatte
Théâtre des Bouffes-du-Nord • 37 bis, boulevard de la Chapelle • 75010 Paris (01 46 07 34 50) Du 8 avril au 9 mai 2009 à 19 heures, relâche les dimanche et lundi, et le vendredi 1er mai 2009 Durée : 1 h 20
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