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SF
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« Ô vent suspends ton vol ! ». Telle est la phrase interdite pour le Faust du futur sur la planète VanderZande. En effet, le temps et le vent, sur ce monde éloigné de la Terre, sont semblables. Dans un canyon de la vallée souffle le vent du temps. Ce phénomène est cause de la présence de nombreux scientifiques aussi loin de leurs astres natals. Lors de tempêtes sont transportées à travers le temps de multiples ruines. Les équipes de « rifteurs » n’ont plus qu’à arpenter la zone en tentant de dater ces vestiges du passé ou promesses d’un futur glorieux. Cela au risque de leur vie, le vent pouvant souffler n’importe quand et les emporter vers une autre époque.
Mais derrière cela se cache une mission appelée Attrapevent, qui n’a d’autre but que de contrôler le voyage dans le temps. A l’aide de toute la technologie possible, ces savants tentent de comprendre le fonctionnement de ce phénomène des plus étonnants et de le maîtriser.

Voilà un des rêves les plus anciens de l’Homme sur le point de se réaliser : remonter dans le passé, ou connaître son futur. C’est dans ce cadre que se déroule l’histoire de Léo Faulcon, rifteur attaché à l’équipe de Léna Tanoway, son chef et son amante. Le roman commence lorsque Kris Dorjaan, une nouvelle recrue, les rejoint. Celui-ci est venu dans un unique but sur VanderZande. Quel est-il ? Comment peut-il apporter autant de chance à l’équipe qui, alors qu’il vient à peine de poser les pieds sur la planète, trouve grâce à lui une épave extraterrestre hors du canyon, chose rare ? Serait-il au courant de choses inconnues pour les vétérans ? Un œil nouveau permet-il de voir, au-delà des apparences, ce que les anciens ont oublié ?

Dans cette œuvre de science-fiction, R. Holdstock, auteur réputé pour ses œuvres de fantasy, nous transporte dans un futur déroutant. Le récit nous offre à de nombreuses occasions les sentiments des personnages. Celui prédominant est la peur, à tel point qu’on s’en lasse : un héros courageux ne serait-il pas agréable, tel Lancelot, pour oublier ces moments où Faulcon et ses amis fuient la réalité ou le vent ?
Mais il est possible d’excuser ces hommes trop humains, effrayés par l’inconnu, par l’idée d’affronter le temps ou le fantôme du temps, les deux mystères de la vallée incompris par les habitants de la Cité d’Acier. A cela s’ajoute, au milieu d’une histoire où le suspense tient le lecteur en haleine, de nombreuses réflexions philosophiques, scientifiques ou sociales, offertes par des dialogues entre les différents personnages de la mission courant après le temps, le vent.
Néanmoins, si le roman débute de manière limpide, la fin ne présente pas autant d’éclaircissements que l’on pourrait le souhaiter, et une ou deux relectures des chapitres finaux semblent nécessaires pour percer le mystère du temps.

Sans pour autant révolutionner le genre, Holdstock réussit son détour dans la science-fiction de manière agréable. Remplaçant les épées habituelles par des épées et des arcs, les armures de chevalier par les combinaisons-R, l’auteur nous transporte dans un futur qui tend à nous ramener vers une autre époque. Est-ce une preuve que l’écrivain préfère les périodes passées à celles présentes ou futures ?

Pierre Chaffard-Luçon



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La rédaction, le 22 avril 2009 - article3581.html
R. Holdstock, Le souffle du temps, Folio SF,2008, 1981 (1), 2004 (2) pour la traduction française pour les éditions Denoel, 414 p. - 7,6O €
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