Joyeux anniversaire monsieur Cartier-Bresson !
L’année 2008 célèbre le centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson (22 août 1908). Deux ouvrages indispensables sont sortis en cette fin d’année. Henri Cartier-Bresson et "Le Monde", de Michel Guerrin et ce Découvertes-Gallimard qui nous apprend l’essentiel sur l’Œil du siècle.
En effet, HCB n’a rien d’un esthète, nous rappelle Pieyre de Mandiargues. Il n’est jamais en quête de la belle image. Mais la beauté de l’image réside dans le dévoilement d’un certain mystère. En effet, quand on voit une photo d’HCB on est saisi. De suite. Car il aura su "mettre sur la même ligne de mire, la tête, l’œil et le cœur." C’était sa manière de vivre qu’il résumait en une phrase.
Après des études de peinture en 1927-1928, et avoir fréquenté les surréalistes parisiens, HCB décide de se lancer dans la photo. Il voyagera à travers le monde. Puis rentrera en France pour travailler avec Jean Renoir. Il sera son assistant sur La vie est à nous et Partie de campagne (1936). Mais dès 1937 Louis Aragon lui demande de rejoindre l’équipe de Ce Soir. Sa carrière de reporter professionnel débute alors. Il suivra le couronnement de Georges VI, réalisera des séries sur la guerre d’Espagne.
Fait prisonnier en 1940 il s’évadera trois ans plus tard. Il photographiera la Libération de Paris.
C’est en 1947 qu’il fonde l’agence Magnum avec ses amis Robert Capa, David Seymour et George Rodger. Il sera en Inde au moment de la mort de Gandhi, en Chine au commencement de la République populaire. En Indonésie pour l’indépendance. Entre 1952 et 1966 il enchaîne les voyages : Inde, URSS ...
Il refusera toujours de tomber dans le sensationnel au prétexte de faire une photo qui se vendra plus chère. Il se concentre sur l’instant décisif. Plein cadre. Attention portée à l’homme et à la vie. Pour HCB, la photographie est une expérience visuelle et l’esthétique, une éthique !
Couronné de multiples prix et distinctions, il fut aussi le premier photographe à exposer dans les grands musées (Louvre, MoMA, etc.). Il mit un point final à sa carrière de reporter en 1970.
Sans pour autant remiser son légendaire Leica. Il continuera à voler des images mais orientera la fin de sa vie vers sa première passion : le dessin.
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