Il y a Séraphine, le film. Réalisé par Martin Provost. Sur les écrans depuis le 1er octobre. Avec une Yolande Moreau qui crève l’écran. Il y a Séraphine, de la peinture à la folie, le livre. Ecrit par Alain Vircondelet et publié chez Albin Michel. Il y a aussi Séraphine : La vie rêvée de Séraphine de Senlis, de Françoise Cloarec. L’autre livre paru aux Editions Phébus. Dans toutes les bonnes librairies depuis le 1er octobre. Il y a, enfin, l’exposition Séraphine de Senlis. Au musée Maillol, depuis le 1er octobre. Jusqu’au 5 janvier 2009, ce qui vous laisse encore le temps d’aller découvrir l’un des tout premiers peintres naïfs du XXème siècle. Une autodidacte de génie. Une femme moderne qui peignit d’extraordinaires bouquets de fleurs imaginaires. Elles exprimait à sa manière les troubles psychiques qui embrasaient son inconscient. Avec ardeur elles s’empara de ses pinceaux. Certains y liront des larmes. D’autres évoqueront des formes sublimées de la libido.
Séraphine était-elle prédestinée ? Son prénom, féminisé, rappelle que les séraphins occupaient la première place parmi les anges. Leur nom signifie les embrasés. Quel nom eût mieux convenu à cette femme ? Elle qui ne peignait pas de belles toiles. Mais qui créait les matérialisations d’une âme passionnée...
De son véritable nom Séraphine Louis, elle gagnait sa vie en faisant des ménages. Habitée par d’étranges visions, elle se mit un beau jour à la peinture. Et grâce à la philanthropie d’un esthète allemand, Wilhelm Udhe - dont quelques pages extraites de Cinq maîtres primitifs sont présentées dans ce catalogue -, elle s’adonna un beau jour à sa passion. En cachette elle peignit. Un destin prodigieux qui fit d’une humble femme de ménage l’un des plus stupéfiants peintres. Peinture hallucinante ? Sans aucun doute. Pour l’époque surtout.
Mais on peut aussi se demander pourquoi les plus grands musées du monde conserve son œuvre dans leurs réserves. Au lieu de l’accrocher à leur cimaises. Oui, pourquoi fut-elle rayée de la carte ? Oubliée des histoires de l’art ? Comme si le passage par la démence avait tout brûlé derrière elle. Mais Camille Claudel aussi est passée par l’asile. Et son œuvre est demeurée.
Alors que penser de cette peinture incomparable ? Inédite et venue des plus secrètes contrées de l’âme humaine. La folie de Séraphine a-t-elle été le passage obligé de l’avènement de ses chefs-d’œuvre ?
Pour y répondre, vous avez trois choix. Mais le premier d’entre eux est d’aller voir sur pièce. Au musée Maillol.
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