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Il existerait plus de mille religions vivantes. Ce livre va à leur rencontre. De Lhassa à Bali. De Tombouctou à Lourdes. Pour nous servir de guide, Juan Masia Clavel. Un jésuite expatrié au Japon depuis 25 ans. Officiant actuellement au Conseil mondial des religions pour la paix. Avec quel regard allez-vous contempler ces extraordinaires photos ? Ce n’est pas une question futile. C’est la clé du mystère. Car au nom d’un dieu il s’en passe de drôles. Des prodiges et des atrocités. Pourquoi ? La question reste indéfiniment posée. Mais ce fait demeure. Dans l’âme de ces photos se reflète le paradoxe de la relation humaine. Et ses dérives dès lors que l’on aborde le monde du sacré. Et personne n’est à l’abri. Très rapidement nous nous retrouvons embarqués dans ce paradoxe. Nous sortons de nous-mêmes. Et nous voguons vers un secret. L’ultime secret de la vie. Et puis, pourquoi au nom d’un dieu et non pas au nom de Dieu ? Il n’y a pas d’erreur de frappe dans le titre. Tant l’article indéterminé que la minuscule ont été délibérément choisis. Alors qu’au nom de Dieu devraient se mener des actions louables. La réalité est tout autre ... Les paradoxes du sacré se reflètent sans cesse dans la variété du monde. Visages, images, paysages, architectures. En un mot c’est l’œil électronique de l’appareil qui nous révèle ces instantanés. Et c’est cette capacité de surprendre dans l’apparence de l’instant qui rend ces espaces si paradoxaux. Les lieux, ici saisis, ne sont pas des espaces abstraits. Ils sont le reflet de la nature. Ils sont l’image de l’humanité.
Une dualité, en somme, qui se résume souvent à un conflit Occident / Orient. Ridicule manière de voir. Alors que tout semble les opposer, il doit impérativement se produire l’inverse. Il faut qu’il y ait transformation mutuelle. Il faut arriver à défaire puis refaire les identités propres. Sans pour cela passer par l’expérience religieuse. Même si cette dernière peut donner aux gens la force de vivre. N’oublions pas que nous autres, Occidentaux, avons hérité de la Grèce l’art de penser en parlant. Or, l’Orient pense en respirant. On respire assis. Comme le Bouddha méditatif. Le penseur de Rodin se tend tout entier pour penser. Mais le Bouddha contemplatif se détend pour ne pas penser. Il se relaxe pour respirer. La spiritualité et la religiosité occidentales, héritières d’une tradition verbalisante, auraient besoin de doses de silence. Et d’une respiration posée pour découvrir la nouvelle spiritualité au-delà des formes religieuses. Oui, au lieu de brandir le thème d’une nouvelle prédication. Arrogante. Violente. Contraignante. Il conviendrait plutôt d’aller vers un nouveau silence...
La culture de la respiration peut nous aider à cultiver notre sensibilité vers l’Esprit qui souffle où et comme il veut. C’est en silence que je vous conseille de vous imprégner de ces photographies. En double-pages, elles sont hypnotisantes. Fascinantes... Sacrées.
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| Juan Masia Clavel, Au nom d’un dieu - Les lieux saints dans le monde, 200 photographies de Eduardo Rubio Méndez, traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, 270 x 320, relié, Editions du Rouergue, octobre 2008, 260 p. - 42,00 € |
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