Jusqu’au 2 novembre 2008 l’exposition internationale Jardins de Cristal offre un regard pertinent et contemporain sur l’art des grandes maisons du verre. Pour la première fois les quatre majors les plus prestigieuses sont réunies : Lalique, Baccarat, Daum et Saint Louis.
Au commencement était le sable, dirions-nous si nos vies n’étaient que cristal ; mais comme ici c’est bien de cristal dont nous parlons, alors nous disons qu’au commencement était le sable, et sa densité qui permet l’édification d’un château, son extrême légèreté qui le laisse filer entre nos doigts nous laissent perplexe. Si bien qu’à trop penser on y ajouta d’autres éléments comme le plomb ou la potasse et le doigt de Dieu fit que le cocktail donna une merveille. Dans le brasier des chaudrons le souffle de l’homme allié à ses doigts agiles donneront des objets d’une rare beauté preuve qu’il est capable de métamorphoser les matériaux que la Nature lui donne pour les magnifier.
Voilà donc l’homme maître verrier, et artiste aussi quand il entreprend de tailler, de sculpter l’objet créé jusqu’à fournir à l’œil de quoi être fasciné. Le cristal a ce don d’engendrer le vertige à qui contemple trop longtemps une pièce ciselée... On a envie de caresser l’objet comme la peau d’un enfant, avec cette douceur respectueuse car le cristal est comme l’amour, il lui faut du tact.
L’ouïe n’est pas en reste d’ailleurs car sitôt doigt humide posé sur le contour d’un verre, ou objet métallique toqué contre la paroi, l’objet en cristal chante ou crie sa résonance et frappe notre imaginaire.
Laissez donc vos pas vous conduire vers les Jardins de Bagatelle, à Paris, et profitez des beaux jours pour rêver dans les mises en scène de Vincent Dupont-Rougier. Après les succès des scénographies qu’il a déployées dans le cloître de l’abbaye des Prémontrès, à Pont-à-Mousson, sur les berges de la Moselle, il les a recomposées dans ces splendides jardins. Ce fut l’occasion de retrouver les liens qui unissent le cristal à la nature et de rapprocher certaines œuvres de leurs modèles : surréalisme chez Baccarat, grands agaves chez Lalique, végétation luxuriante pour Daum, lustres fontaine chez Saint Louis. Et plus encore de rendre accessible et naturel cet art français au plus grand nombre.
Ce livre porte en lui la genèse, la scénographie et l’atmosphère de cette exposition en s’articulant en deux parties : la première, imprimée sur un papier doux et crémeux, est habitée par la langue de Camille Laurens, tout en nuance poétique et précision technique liées dans son regard d’écrivain ; la seconde, sur papier glacée peuplée de dizaines de photographies couleurs, explique et signale les points forts de la manifestation.
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