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À partir du 18 juillet prochain et jusqu’au 5 août, Sarlat se mettra, pour la cinquante-septième année, au diapason du théâtre. Ce festival qui talonne de très près en termes de renommée celui d’Avignon valait bien un événement parisien : une conférence de presse tenue à la Maison de l’Aquitaine ce lundi 7 avril. Au président Jacques Leclaire revint l’honneur d’ouvrir la séance et de remercier les différents partenaires grâce à qui l’organisation du Festival est possible ; à Jean-Paul Tribout, directeur artistique, incomba celui de présenter les spectacles programmés. Il s’acquitta de sa mission avec un talent consommé qui n’a rien à envier à celui qu’il déploie pour jouer ou mettre en scène - c’est un art à part entière que de savoir donner aux gens l’envie irrépressible de voir la pièce dont on parle. Son allocution dut prendre quelque liberté par rapport à la chronologie réelle du programme : plusieurs artistes, parmi les invités du futur festival, étaient là mais tous plus ou moins soumis à des impératifs horaires qui les contraignaient à ne pas s’éterniser à la Maison de l’Aquitaine. Chacun vint donc évoquer son travail selon sa disponibilité du moment et l’on vit ainsi défiler - dans le désordre, comme il se doit... - Ned Grujic, Sophie Artur, Benoît Marbot, Dominique Paquet et Patrick Simon, Jacques Mougenot, Xavier Lemaire et Isabelle Andréani, Pierre Santini, et Anne-Marie Lazarini. La conférence prenait ainsi en avant-première une belle "couleur Plamon" - du nom de la bâtisse sarladaise où sont organisées tous les matins à 11 heures, tout au long du festival, ces rencontres qui permettent au public de dialoguer avec les artistes et que viennent souvent écourter des trains à prendre ou des taxis à ne pas rater parce que les gens de théâtre sont aussi, dans un sens certain, des gens de voyage...
On retrouve, dans le programme annoncé (consultable sur le site officiel du Festival), ce panachage de comédies et de pièces moins immédiatement drôles, de vastes fresques et de petites formes intimistes, d’œuvres classiques et contemporaines, sans oublier les adaptations de textes non théâtraux ni le soupçon de cabaret-théâtre qui achève de donner au Festival sa touche vivante et chaleureuse. Un panachage qui, de la pièce à texte au spectacle de tréteaux en passant par les transpositions de romans, expose les visages les plus variés et les plus attractifs de l’art dramatique - et témoigne, surtout, de ce très fin "savoir-programmer" auquel nous a habitués Jean-Paul Tribout.
On sait que le comité du Festival et son directeur artistique aiment à établir leur programmation très tôt de façon à permettre aux vacanciers qui ajustent leurs dates de séjour en fonction de celles du Festival de réserver leur hébergement dans les meilleures conditions. C’est donc la moindre des choses de répercuter aussitôt l’écho de cette conférence ; certes pour inciter ceux qui ne sauraient pas encore où porter leurs pas cet été à s’improviser Sarladais le temps du Festival, mais aussi parce que certaines pièces sont visibles en ce moment à Paris. C’est une manière d’attirer sur elles votre attention même si nous ne leur consacrons pas, dans ces pages, de chronique en bonne et due forme. Sachez cependant que la billetterie du Festival ne sera ouverte qu’à partir du 28 juin !
Les spectacles programmés (préparé avec l’aide du dossier de presse)
Vendredi 18 juillet - En guise d’ouverture, La Baronnade, une fanfare de rue dont le titre se réfère au "baron" qui, chez les bateleurs, désigne le complice évoluant parmi le public et feignant d’être un spectateur de hasard. Proposée par la compagnie des Grooms, elle répandra dans les rues de Sarlat une cinquantaine de compositions ou d’arrangements originaux, donnant lieu à plusieurs interventions de "barons", dissimulés dans l’assistance. À noter que les Grooms jouaient La Baronnade à l’ouverture du Festival de la Comédie de Dax l’an passé.
- La Dispute, de Marivaux. Mise en scène par Filip Forgeau (compagnie du Désordre) Pièce peu connue de Marivaux - "un peu clandestine" dira Jean-Paul Tribout - elle traite d’une question dont on débattait fort au XVIIIe siècle : dans un couple, qui de l’homme ou de la femme commence à se rendre coupable d’infidélité ? Le spectacle - qui figure également au programme du Festival de Dax 2008 - s’inscrit dans l’histoire du théâtre contemporain à travers Féodor Atkine qui, incarnant ici le Prince, a joué le rôle du fils du Prince sous la direction de Patrice Chéreau voici quelque trente ans. Samedi 19 juillet Les trois mousquetaires, d’Alexandre Dumas. Adpatation et mise en scène de Pierre Matras (Le Grenier de Toulouse). Un monument romanesque - et quel roman, de cape, d’épée, de rebondissements en tous genres ! - adapté au théâtre : l’entrerpise a de quoi attirer un très large public... Ne doutons pas que D’Artagnan, fier Gascon, sera, autant que ses acolytes, comme chez lui en Périgord. Et ce n’est pas là un effet du légendaire accueil périgourdin mais plutôt celui du travail accompli par le Grenier de Toulouse dont est soulignée la fidélité absolue à l’œuvre de Dumas, associé à la magie du cadre exceptionnel qu’offrira au spectacle la Place de la Liberté. Mentionnons au passage que le Grenier de Toulouse a été parmi les fondateurs du festival sarladais. Dimanche 20 juillet Parlez pas tout bas, textes et mise en scène de de Jean-Pierre Bodin et François Chattot (compagnie La Mouline). Interprétées par Jean-Pierre Bodin, ce sont des anecdotes de village, des histoires de pêche et de chasse tirées toutes crues de la ruralité quotidienne mais transposées avec une telle humanité que le plus droitier des réacs devient touchant - dixit Jean-Paul Tribout... Parlez pas tout bas est, selon Jean-Pierre Bodin, une suite au Banquet de la Sainte-Cécile, qui avait déjà figuré à l’affiche du Festival. Lundi 21 juillet Sa majesté des mouches, de William Golding. Mise en scène de Ned Grujic (Les Tréteaux de la Pleine Lune). L’an dernier Ned Grujic avait présenté à Sarlat une adaptation d’une partie des Voyages de Gulliver, roman célèbre s’il en est, sous le titre Gulliver & fils. Il revient cette année avec une autre adpatation d’un texte non théâtral - lequel n’avait encore jamais été joué sur les scènes françaises : Sa Majesté des mouches, une œuvre phare de la littérature mondiale (William Golding a obtenu le prix Nobel de littérature en 1983) qui dessine une allégorie de l’humanité entière à travers une troupe d’enfants échoués sur une île déserte, livrés à eux-mêmes après que tous les adultes ont trouvé la mort. Créée en mars 2008 à Courbevoie, la pièce se jouera à Paris au Théâtre 13 en janvier 2009.
Mardi 22 juillet La Fourmi et la cigale, textes et mise en scène de François Mougenot. Voilà un spectacle qui promet d’être réjouissant... Après en avoir expliqué rapidement le principe - partant de l’idée que la fourmi et la cigale ne sont pas très satisfaites de la façon dont M. de La Fontaine a traité leur petite conversation, François Mougenot a imaginé de la réécrire plusieurs fois en pastichant différents styles, depuis l’écriture des plus grands auteurs "classiques" jusqu’aux tics discursifs de certains personnages très médiatiques - l’auteur-interprète nous en a offert quelques citations bien senties. Imaginez donc la fameuse fable "à la manière de" Racine - cela donne Cigalicus - ou bien façon Audiard - et l’on a Les Fourmis flingueuses... François Mougenot avait présenté en 2007, à Dax et à Sarlat, L’Affaire Dussaert.
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Conférence de presse donnée le lundi 7 avril à la Maison d’Aquitaine - 21 rue des Pyramides - 75001 Paris
Le 57e Festival des jeux du théâtre de Sarlat aura lieu du 18 juillet au 5 août 2008. |
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