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Josette Talvard
Imaginative et imagée, plus inspirée que penseuse, elle est l’Instinctive qui traduit en quelques harmonieux mouvements - impulsions ou splendeurs désordonnées- la puissance originelle, la vie occulte de la matière dont elle capte les mystérieux effluves. L’âme de la terre circule et se répand dans la forme fluide et brûlante modelée par ses mains ferventes d’une indulgente bonté. L’artiste incandescente et douce possède au plus haut degré la simplicité, le hiératisme suggestif, la naïveté un peu gauche, la spontanéité d’une création édénique et libre qui se déploie en efflorescences multiples d’une même forme ronde, indéfinissable, rayonnante de tendresse. J’ai sur mon bureau de ces poteries à la robustesse placide et je ne me lasse pas de leur beauté pure, essentielle et sereine dans la claire lumière qui les enveloppe, miracle de la matière transfigurée manifestant l’accord le plus profond que l’on puisse concevoir entre l’acte créateur et la joie, l’idéal dans toute la profondeur intime de l’être. Autant manifestation de vie que geste de beauté esthétique, la poterie révèle une vie intense qui s’impose à notre conscience par sa fièvre de sincérité propre à aider l’essor imaginatif comme décoration de notre rêve. Des laves de couleurs jaillissent au seuil du conscient et de l’inconscient, galbe et souffle pur caressé par une sensitive, une sensuelle dont le geste primitif fait surgir un monde nouveau.
 Dans toutes ses œuvres surgit un ardent amour de la puissance vitale qui fournit toute l’éloquente preuve de son talent. Ses créations n’ont pas l’apparence fragile de bibelots de rêve, elle ne s’attache pas à produire de petites pièces ciselées et polies mais des formes rudes qui s’offrent comme des fruits blessés. Du large remous de terre et de feu découlent les moires flavescentes, fleuves blonds, fontaines de miel et yeux de topaze, fissures, joyaux et fines gemmes jamais éteintes, tressées d’or crespelé où les doigts s’exténuent. Peu à peu les contours brunis s’affirment sur un parfum très ancien de paganisme. Les désirs vêtus de pourpre en quête d’apothéose ou d’un refuge tissé dans une flamme, se dénudent et se purifient dans un halo de rousseurs. Vases bizarrement tournés qui semblent les vestiges d’une une époque lointaine, embrasés d’or et de cuivre en fusion. Un art sans règles définies aux frontières flottantes, riche, puissant, propre à émouvoir les fibres de la sensibilité.
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Sylvian Meschia expose ses oeuvres jusqu’au 19 avril à Lyon, à la galerie Brigit Langloy 1, rue des Estrées - Tel : 04 78 37 96 98. Entrée gratuite. |
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