On est tout d’abord déconcerté par le rythme lent du récit, litanie qui freine l’élan de la lecture. On a du mal à se plonger dans l’histoire. Et puis on est happé, sans qu’on s’en rende compte, bercé par cet égrenage de contes, racontés d’une voix tranquille par ce jeune homme, Rosàlio, analphabète pourtant, au creux de la chambre d’une prostituée malade d’amour et du sida.
Pas de péripéties dans ce roman, de retournements de situation ni même de fin sinon heureuse, éclatante. D’un côté, traînant partout après lui dans ses pérégrinations à travers le Brésil une boîte pleine de livres, un garçon qui n’a qu’un rêve : apprendre à lire. De l’autre, cette femme tentée par la mort, ne vivant plus que pour nourrir un fils qu’elle ne voit qu’une fois le mois, mais qui possède une richesse indiscutable : le pouvoir d’écrire. Au milieu, la fiction, cette vie parallèle qui raconte la vie elle-même et la révèle plus qu’elle n’est à nos yeux fatigués. On émerge de ce texte comme d’un profond sommeil : l’espace d’une centaine de pages, on a pris le temps de rêver.
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| Maria Valéria Rezende, Le Vol de l’ibis rouge (traduit du portugais - Brésil - par Leonor Baldaque), Métailié "Bibliothèque brésilienne", mars 2008, 108 p. - 18,00 €. |
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