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Marina Tsvetaeva (1892 - 1941) est l’une des grandes poétesses russes du siècle dernier. Mariée à 19 ans, elle fera le choix de l’Armée blanche, suivant son mari dans l’exil lors de la révolution d’Octobre. Pendant ces années noires sa vie n’aura de sens qu’à travers l’écriture. En 1939, peu avant la guerre, elle retourne en URSS, poussée par des circonstances familiales et personnelles pénibles. Elle choisit de mettre fin à ses jours le 31 août 1941.

Tandis que les troupes allemandes approchent de Moscou et que Marina Tsvetaeva va céder au désespoir, sa fille et son mari croupissent depuis deux ans déjà dans les geôles. Sergueï sera fusillé en septembre 1941. Ariadna séjournera dans des camps durant quinze ans...
À cette époque, son œuvre est encore très peu connue. Certes, en Russie, elle a déjà publié quelques livres. Avec un certain succès. Elle est introduite dans les milieux de l’intelligentsia. Son génie poétique est déjà fort apprécié. Notamment par Pasternak.

Ayant choisi l’exil, elle vécut longuement en Tchécoslovaquie et en France. Où elle a entretenu des relations difficiles avec les milieux littéraires de l’émigration russe. En URSS, et partout ailleurs, elle est ignorée du grand public.

Dans les années 1970, la situation change. Son œuvre est largement connue et estimée. En URSS tout d’abord. Puis dans le monde entier. Comment expliquer un tel revirement ? C’est à sa fille, Ariadna Efron, que Marina doit sa célébrité. Dès sa petite enfance, sa fille a vécu dans l’intimité de se mère. Elle a été mêlée de près à son activité littéraire. Mariana disait d’elle qu’elle était son lecteur absolu. Retournée en URSS en 1937, deux ans plus tard, elle est arrêtée. Emprisonnée. Soumise à interrogatoires des mois durant. Condamnée à huit ans de rééducation par le travail. Elle apprendra donc en captivité la mort de sa mère. Elle écrira aussitôt à l’une de ses tantes. Faisant le serment de s’occuper de son héritage littéraire. Œuvrant pour la placer sur l’autel de la littérature soviétique. Russe, aussi. Et plus tard, elle projetait d’écrire un livre à son sujet. Le livre que voici...

Elle le débuta en juin 1955, dès lors qu’elle commença à rassembler, classer, étudier les divers manuscrits de sa mère. Débuta un parcours du combattant. Le présent ouvrage rassemble ses souvenirs. Il est paru en URSS en 1988. Il était accompagné d’extraits de notes d’Ariadna et d’extraits de ses lettres à divers correspondants. Qui n’ont pas été traduits ici. Rencontrant le succès, il fut réédité en Russie en 1999. Il constitue une source de première importance pour les biographes de Mariana Tsvetaeva.

Paraissent simultanément aux éditions des Syrtes Les Carnets de Mariana Tsvetaeva, un événement littéraire de première importance sur lequel nous reviendrons prochainement. Jusqu’alors inédits en français, ils paraissent dans une version intégrale. Au nombre de quinze, ils couvrent la période 1913 - 1939.



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Annabelle Hautecontre, le 7 avril 2008 - article3259.html
Ariadna Efron, Marina Tsvetaeva, ma mère (traduit du russe par Simone Goblot), Editions des Syrtes, 250 p. - 21,00 €.
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