Un soir, comme tous les soirs, Ghislaine Boudard rentre chez elle après une journée ennuyeuse passée à étirer les heures à son travail. Elle rentre d’un pas décidé car son père l’attend, seul dans le petit appartement, terrassé par la maladie d’Alzheimer. Mais pas seulement car sa fille le retrouve mort. Allongé dans le couloir. Assassiné, semble-t-il, par un pic à brochette planté en plein cœur. La police investigue mais doit bien se rendre à l’évidence : aucun indice. Pas la moindre petite empreinte à se mettre sous la dent ; il faut dire que la demoiselle Ghislaine est une maniaque du nettoyage. Elle porte des gants dès qu’elle rentre chez elle et essuie tout cent fois la journée. Mais ce qui intrigue les policiers, c’est que la porte était fermée à clef, et qu’elle n’a pas été forcée. Jean Brossin, le commissaire local, se saisit de l’affaire et en arrive très vite à porter ses soupçons vers ceux qui avaient la clef. Mais à part sa fille et l’assistante de vie, personne... Quoiqu’en cherchant bien, la sœur cadette, Liliane, mariée à un concessionnaire automobile, n’est pas toute nette non plus...
L’enquête ira révéler les petits secrets de famille qui n’ont rien de glorieux. C’est bien là que le livre s’enlise. On est loin, très loin du merveilleux Un bras dedans, un bras dehors paru l’an passé. On peine à avancer, si ce n’est par la curiosité, mais le souffle n’y est plus, la musique a disparu, la grâce s’est évaporée. Poussant dans les montées pour tenter une galéjade dans les descentes, toujours la même, comme quoi il ne faut pas avoir fait Saint-Cyr, en effet, pour comprendre que l’écueil du deuxième livre aura une nouvelle fois été fatal. Surtout qu’en s’attaquant au polar, dame Peslerbe se devait se suivre quelques règles, les canons ne sont pas aussi stricts que le code Oulipo mais l’humour potache, la répétition d’une blague de collège et un dénouement que l’on sent arriver comme le nez au milieu du visage, font trop pour atteindre la cible.
Mention passable, et encore. C’est écrit correctement mais cela n’a aucun intérêt, ni ludique, ni didactique, ni rien du tout : un livre de trop, un livre encore comme on aimerait ne plus en voir. Un conseil : prendre plus de temps, mais ne pas enfoncer les portes ouvertes. Attention à ne pas réécrire maintes et maintes fois le même livre que les copines...
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