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Neil Smith, Big Bang
Premier recueil de nouvelles qui offrent des formes inattendues. Remarquable par son humour. Touchant par sa tendresse. Envoûtant par son univers fantasque. Ce traducteur qui s’est lancé dans l’écriture a été lauréat du premier prix au Eden Mills Writers’ Festival. On comprend vite pourquoi lorsqu’on dévore ces huit textes à la prose incisive. Dans un style limpide et aérien Neil Smith explore cet incessant besoin qu’ont les femmes et les hommes de tenter coûte que coûte de tisser des liens. Tout plutôt que de demeurer seul. Tels Jacob et An qui vivent ensemble en se répétant sans cesse qu’ils ne s’aiment pas (sic). Que dire d’Eepie qui lit Madame Bovary à 8 ans ? Une petite fille surdouée ou une enfant qui veut croquer la vie avant terme ? Sans doute les deux, d’autant qu’elle souffre d’une maladie qui, tout en stimulant son intelligence de façon exponentielle la fait vieillir d’un mois tous les jours... Mettant en scène la folie, l’amour, la tristesse mais aussi la foi et le bonheur, Neil Smith dresse un nouveau bilan de la condition humaine. Avec une rare intelligence. Et une exquise subtilité.
David Descamps, L’Apéritif des faibles
Un premier roman d’un jeune auteur (né en 1971) qui vit à Marseille. Originaire des Flandres françaises il y situe son récit. On aura ainsi droit à quelques belles images croisées. Nord versus Sud dans la lumière éclatante de Marseille. Dans l’éclat boisé des Flandres. Une trajectoire romanesque partie du Sud, tel un road-movie. Une traversée de la France sur les traces de Dino : l’ami du narrateur vient de se donner la mort. Retour aux sources. Exécuteur testamentaire. Remettre un peu d’ordre c’est aussi réveiller les fantômes. Devoir affronter une région devenue inquiétante. Qu’est-ce que cette campagne peuplée d’êtres aussi frustes ? Les souvenirs explosent au visage du narrateur au fil des carnets recouvrés et lus dans un bar. Les nuits défilent, blanches. L’alcool ne parvient pas à endiguer sa peine. Flash back : c’était le temps où la sensualité naturellement anarchiste ne cherchait pas de futur. Le temps révolu des années 1990. Mais une déception amoureuse justifie-t-elle d’en finir ? En évoquant avec des mots simples l’effervescence d’un jeune qui se voulait libre, David Descamps a écrit un roman sur l’amitié. Avec chaleur et humanisme, il dresse une réflexion sur les désordres qui découlent du renoncement...
David Albahari, Hitler à Chicago
David Albahari est plus connu comme romancier. Ses œuvres - jusqu’ici - ont été publiées chez Gallimard. Dont le fameux L’Appât (1999) qui a obtenu en 1997 le plus important prix littéraire yougoslave. Albhari est né en 1948 à Pec. Éditeur mais aussi traducteur de Nabokov, Bellow, Singer, Updike... etc. il prit la plume dès 1973 pour un premier recueil de nouvelles. Son premier roman voyant le jour en 1978. Quand la Yougoslavie implosa, il alla s’installe au Canada, à Calgary, où il vit actuellement. Ce recueil de nouvelles est le premier à paraître en français. L’action de tous ces textes se situe au Canada. Mais cela n’enlève rien à la trame dramatique. Les fils thématiques sont traités habilement avec humour. Cela donne une légèreté qui n’est qu’apparente. Car les sujets abordés ne prêtent pas à rire de prime abord. Immigration. Déracinement. Guerre fratricide. Problème d’identité. Solitude. Choc des cultures.
On le voit, tout cela est diablement d’actualité. À lire d’urgence pour démontrer une nouvelle fois que tout est possible. Comme cette improbable rencontre entre un pope serbe et un Indien qui devisent sur la métaphysique. Ou cette vieille dame très digne, rencontrée dans un avion, qui a volé la montre de Singer. Longues phrases. Clins d’œil et jubilation. Mots crus mais situations insolites. Entre douleur et rire, entrez dans le tourbillon d’une écriture nouvelle.
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Neil Smith,Big Bang (nouvelles traduites de l’anglais - Canada - par Lori Saint-Martin et Paul Gagné), Les Allusifs, novembre 2007, 192 p. - 16,00 €.
David Descamps, L’Apéritif des faibles, Les Allusifs, janvier 2008, 106 p. - 13,00 €.
David Albahari, Hitler à Chicago (traduit du serbe par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli), Les Allusifs, janvier 2008, 218 p. - 18,00 €. |
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