Abdallah Akar est un scientifique tunisien installé en France depuis maintenant trente ans. Il pratique l’art de la calligraphie - apprise auprès de Ghani Alani. Il expose en France et à l’étranger. En 2000, il entreprend de créer les Mou’allaquât. Pour rendre hommage à cette œuvre emblématique des lettres arabes. Il s’amuse à utiliser un matériau contemporain comme support. La tarlatane. Un tissu très fin. En même temps il adopte l’un des plus anciens styles de calligraphie. Le koufique. La transparence de la tarlatane permet de capter la lumière. Et de révéler les pleins et les déliés. Alors, seulement, la calligraphie devient ombre et lumière...
Avant l’arrivée de l’islam, des guerres tribales incessantes agitaient la péninsule arabique. Et pourtant, dans ce monde d’une rare violence, la poésie a toujours occupé une place de choix. Tout bivouac était lieu de parole. D’échange. Voire de concours pour ces poètes des sables. Une bourgade peu éloignée de La Mecque, Okaz, fut célébrée pour ses joutes poétiques. On rapporte même que les poèmes victorieux étaient brodés sur des textiles. Et suspendus. D’où leur nom de Mou’allaquât, poèmes suspendus. On les affichait sur les murailles de la Kaaba.
Tradition non historiquement authentifiée, soit. Mais il n’en demeure pas moins que cette poésie bédouine représente le fondement de l’écriture arabe telle que nous la connaissons. Chacune des sept odes - œuvre d’un poète différent - est aussi le reflet de celui qui l’a composée. Jeune écervelé. Hédoniste. Prince de haut rang... Tous montrèrent un réel talent.
Ces poèmes constituent un document extrêmement important. Précieux. Grâce à eux l’on connaît mieux l’histoire de la péninsule arabique. Et celle des régions avoisinantes. Ils reflètent une réalité géographique, avec ses paysages, ses animaux, sa végétation. Mais aussi les traditions. Et les joies et les peines qui les accompagnent. Une photographie extraordinaire de la vie de ces tribus anté-islmaiques.
Servis par une réelle virtuosité, ces poèmes calligraphiés et mis en images dans ce grand format rendent à merveille la diversité des textes. Couleurs, formes et lumière se confondent dans un ballet des Mille et une nuits tout de coton tendu. De fils ondulants. De prières illusoires. De récits épiques. D’odes charnelles...
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