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Poésie
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Le vide est justifié

Quand on est jeune il ne faut pas hésiter à s’adonner à la philosophie, et quand on est vieux il ne faut pas se lasser d’en poursuivre l’étude. Car personne ne peut soutenir qu’il est trop jeune ou trop vieux pour acquérir la santé de l’âme. Celui qui prétendrait que l’heure de philosopher n’est pas encore venue ou qu’elle est déjà passée, ressemblerait à celui qui dirait que l’heure n’est pas encore arrivée d’être heureux ou qu’elle est déjà passée.
Épicure ( 341 - 270), Lettre à Ménécée


Au Commencement fut le Questionnement. L’Espace ou le Temps ? Le Ciel ou la Terre ? L’Eau ou l’Air ? Le Vide ou la Vie ? L’Image ou le Regard ? Le Silence ou la Parole ?
Le Questionnement fut-il au Commencement ? Le Commencement fut-il en même temps avec le Questionnement ? Ou Après ? La Question fut un lieu qui tenait place de Commencement ?
"Tout commence à partir de ce manque" - dirait le poète belge Éric Brogniet. Cette magie interrogative, capable d’accueillir toute entité, sillonne les expériences des philosophes et des poètes.

Les philosophes ont eu souvent besoin de leurs amis les poètes et notamment de leur langage sensible pour parler philosophiquement, de bout en bout jusqu’au bout, car, sinon comment faire survivre jusqu’au bout toutes ses théories plus ou moins (f)rigides, plus ou moins issues de la mémoire et de l’histoire des temps ? Tous les noms qui ont fait, qui ont dit ce qu’est, ce que n’est pas, ce que devrait être et ne pas être la vie et la philosophie, Socrate, les Platoniciens, les Aristotéliciens, les Épicuriens, et la Scolastique et Descartes et Kant et Leibnitz, et puis les hégéliens, et tous les autres, les Philosophes des Lumières, et Nietzsche et la modernité, les existentialistes et les nihilistes qui nous ont déjà quittés, le néopositivisme, et les Foucault, les Deleuze et Guattari, et tous ceux qui existent encore, tous ceux-là qui ont écrit et écrivent l’histoire de la philosophie, sans qu’on oublie la contribution de Shakespeare et Brecht, et le cri d’Antonin Artaud, et surtout ceux qui ont conçu la philosophie à travers la poésie. Car qu’est-ce que la philosophie sans la poésie ? Et qu’est-ce que la poésie sans souci de la philosophie ?

Des liens complexes se tissent ainsi entre l’expérience poétique et l’expérience philosophique. Cet échange créatif et informatif est à la source de quelques œuvres bouleversantes, à même de corriger les hiérarchies et les frontières traditionnelles du savoir et de l’imagination. Ce sont des créations artistiques dont l’écriture défend la liberté d’imaginer et d’explorer l’inconnu, des paroles éveillées sondant les symboles majeurs de l’espace et du temps avec leurs plongées dans le devenir de l’être humain.

Et si nous parlons poésie, poéticité, c’est que les poètes d’aujourd’hui demandent aux philosophes de s’approprier les exigences d’un poète quand il affirme à haute voix que "la poésie doit être faite par tous et pour tous", et quand il n’oublie pas d’ajouter qu’elle doit avoir pour objet "la vérité d’ici".

Tantôt réelle, tantôt hallucinante, la vérité est oscillatoire. Ses oscillations on les ressent partout. Bifurquée entre vie et mort, elle peut exister sous d’autres formes ou d’autres appellations, ailleurs. Le besoin d’y réfléchir coïncide avec le désir assoiffé d’avoir une vérité connaissable (supposons qu’il y en ait une autre, lointaine, méconnaissable, austère et mystérieuse) et d’avoir compris au moins quelques unes de ses significations. La recherche d’une vérité d’ici caractérise toute identité humaine, car celle-ci lui donne naissance, la nourrit, la séduit et l’invite à ses traces. La quête d’une vérité (dé)formatrice, la poursuite des traces de quelque chose quelque part. Le Quelque chose et le quelque part guident, perturbent, protègent et mènent notre vie de la mort vers la mort.

Pour Nietzsche, la vérité était l’objet, la chose inanimée. Sa vérité philosophale étant liée à l’objectivité absolue, jamais relative. Une vérité absolue ! Ce que nous percevons par nos sens, ce qui est vrai pour une personne et ne l’est pas forcément pour une autre, est situé par le philosophe allemand sur le territoire de la vérité relative, individualisée, humanisée. Ce type de vérité liée à différents états d’esprit placés dans le camp de la mémoire et du jugement sensible, comme tout ce dont nous sommes capables de juger.

Certainement, cette ancienne distinction entre la vérité absolue, totale, ultime et la vérité relative, sensible, fragmentaire, provisoire, est de nos jours vague, dépassée et subjective, hors toute causalité.
Les existentialistes, par la force de leurs changements sociaux, ont essayé de se rapprocher le plus possible de la vérité relative, de l’histoire vécue ou viable, et d’inverser ces traits caractéristiques selon lesquels la vérité absolue est déjà générale, absolue, figée et la vérité relative seulement individualisée et sans importance. Les deux devraient être mesurées en conséquences sur le mystère du vide et de l’existence, du vide de l’existence et de l’existence vide, avant de le dire. Il faut toucher et modifier en quelque sorte l’ouverture entre les deux, ce concept-seuil donnant vers la vérité germinative, allusive, harmonieuse, tellement visitée par les ascètes et les poètes.

La vie et la mort. La vie du vide. Les philosophes modernes et postmodernes rejettent la distinction entre sujet et objet. Ils déprécient ainsi la connaissance intellectuelle. La vraie connaissance ne s’acquiert pas par la raison, il faut plutôt éprouver la réalité. Cette épreuve a lieu dans l’angoisse. Par quoi l’homme saisit sa finitude et la fragilité de sa position dans le monde, ce monde heideggérien "voué à la mort".
Avec Kierkegaard, les philosophes s’intéressent à la quête personnelle de la vérité.
Le vide de la vie. Vide plein. Absence noire. Vide vidé de son plein. Absence blanche. La poésie protège les mystères philosophiques, elle les garde chiffrés mieux que tout autre énoncé. Les poètes habillent et habitent les frontières de ces au moins deux vérités (absolue et relative), (ren)forçant l’invisible par le visible et l’infini par le fini. Leur nature est non de dissimuler mais bien de laisser deviner leurs symboles.

Il arrive que depuis quelques décennies beaucoup de nos poètes aillent dans toutes les directions, ce qui est assez normal, mais dans certains cas, par manque ou par excès de lyrisme, depuis la tendance du jour, ces poètes nous proposent soit une poésie trop minimaliste, soit trop criarde, soit trop érotique, allant jusqu’aux poèmes arides ou trop spiritualistes.
Il existe aussi bon nombre de poètes conduits seulement par des interrogations philosophiquement hybrides. Certains d’entre eux ont tendance à écrire une poésie pure méta-verbale, une sorte de "sagesse de la poésie", productions souvent ringardes, ennuyeuses, qui se prénomment "relectures/interprétations poétiques de grands philosophes classiques", soit "relectures/interprétations poétiques de grands savants" (je ne donne pas de noms, il y en a beaucoup). Rares sont ceux qui tout en se réclamant de la philosophie, nous offrent une poésie écrite avec talent, goût et pertinence, des créations limpides et incitantes à la fois, entre l’imaginaire artistique et les idées habitées par la philosophie, sans sombrer pour autant dans le simple "délire raisonné". Quelques-uns sont bien inspirés, auteurs de méditations poético-philosophiques ou d’aventures lyriques d’essence philosophique, avec d’éblouissantes projections dans l’infini des êtres et des choses.

C’est le cas du poète belge Éric Brogniet, un des rares poètes contemporains à savoir charmer les passionnés de poésie et de philosophie.
Émotionnellement, le fond de ses livres de poésie bâtit une fragilité harmonieuse, propice à la fécondité de toute parole, de toute pensée, de toute révélation. À travers une clarté poétique, les réflexions du poète invitent la langue à engendrer pour tout jadis, un aujourd’hui pur, fou et immortel.
Depuis son début (Femme obscure, 1982) jusqu’au plus récent Ce fragile aujourd’hui (Le Taillis Pré, 2007), Éric Brogniet est un poète hors du commun. La part de réel, de mystère et de fiction qui caractérise la métaphorephysique (licence RD !) de son écriture, concentre, dans la solitude de sa voix, "l’éclair de la raison" et "le cœur de l’orage", comme il le dit lui-même :
La solitude est pure comme la neige
Blesse-là, amour, des plus profondes blessures.

Pour Éric Brogniet, écrire c’est entretenir une liaison magique avec soi et les choses, les moments et les gens. Écrire, c’est comme vivre un amour infini à chaque seconde, avoir une vie heureuse et parallèle, offrir une chance meilleure à ce quotidien banal ; c’est trouver et faire parler le mot purificateur des doutes et des certitudes, de l’âme et de ses mouvances. Sa main, telle qu’elle s’écrit, n’a pas de poids, elle est faite de paysages intérieurs : elle écrit pour et sur toutes les présences qui germent dans le vide, pour tout ce qui mélange le réel à l’irréel, la vie à la mort, l’univers au nombril d’une chose ou d’un être. Dans sa main, la vie vit de la durée et de l’étendue du passage, car le poète, tel qu’il surgit de la peau d’Éric Brogniet, est un axe vertical qui fracture le temps-espace :
Il laisse venir à lui
Toutes les masses
La matière même de la vie
Le vertige où il s’enfonce
Est un vortex de lumière
Noire et blanche. 

Sa poésie se trouve dans le passage de l’incertitude, de l’hésitation, elle marque le lieu où les pas s’égarent dans le mystère, où l’ici se dépose sur le là-bas. Pour lui, la préposition symbolique est la préposition entre. Être entre ! Éric Brogniet ne figure pas les choses : il les met entre d’autres choses. Son écriture nous montre un passage secret, un lieu miraculeux, par lequel il faut passer plus loin...
Le lieu de sa poésie naît dans le corps, dans les premières questions posées au corps (Qui suis-je ?). Cette interrogation interroge sur l’identité du lieu (Où suis-je ?). Une seule et même question, qui vise le lieu-sujet, la vie du poète incompris :
Je n’ai rien et n’ayant rien
Je suis
Le manque
Fracture la dissonance
Ce qui surgit, c’est le passage
Ce qui est dans le vide
Opérant entre deux thermes

Lieu du dehors-dedans, plaine-colline-montagne-mélancolie-tristesse-souffrance-joie-bonheur infini, le locus du voir-sentir-percevoir-savoir-émouvoir-pouvoir, le locus du sens de naître, d’exister, de mourir et de renaître, le locus de la vie, modulables par les oracles du jeune poète.
Les sentiments qui s’en dégagent évoquent les racines biologiques du créateur, l’origine, le corps et sa mémoire, car les textes d’Éric Brogniet ont une base biographique, liée à des objets, des situations ou des personnes impliquées dans sa vie.
Femme obscure, Autoportrait au suaire, Mémoire aux mains nues, Une errante intensité, ne citons que ces titres, salués par de nombreux prix littéraires. Dans ces volumes, l’écriture ne met pas seulement au travail les sens des mots, mais aussi la calligraphie du corps. L’inscription d’une trace est en effet à la fois un état du corps à travers le mouvement de la main qui écrit et la mise en forme d’une pensée dans des signes verbaux. L’écriture est en cela une forme d’image intérieure : elle se trouve entre chair et mots, comme un pont tendu entre la profondeur du corps et le langage qui la parle.

Puisque le mot "poète" veut dire littéralement "faiseur", poeta faber, "fabriquant" : tout ce qui n’est pas fait n’existe pas. Pour Brogniet, tout comme pour le poète philosophe Bonnefoy, le créateur d’un poème est celui qui ramasse et remet ensemble des matériaux comme un maçon choisit ses pierres et leur donne la forme d’un bâtiment. Le lieu constitue alors la dimension des choses "qui se font".
La Poésie comprend ce phénomène corporel comme topos, lieu originel de la création, la création vue dans et par le monde réel, l’écriture en tant que seconde, rêve, fruit spirituel de l’être au monde.
Silence, ruines, mots, jours, nuits, lumière, feu, cœur, main, lèvres, vertige, blessure, seconde, forêt, éternité, ciel, doute, terre, feuille, galaxie, désert, sentiment, urgence, sang, solitude, désir, mort, passage, ange, neige, vide, mal, ombre, néant, durée, enfer, manque, vision, dynamite, cimetière, une poésie qui va jusqu’au bout de la solitude, ouvrant la plaie de la béatitude ! Le postmoderne Éric Brogniet fait l’éloge du présent de la présence et du simple de l’existant. Il se concentre sur l’ici et le maintenant d’un lieu à soi, imbibé de ses souvenirs vifs, au détriment des illusions du lointain, du là-bas, de l’ailleurs et de l’oubli. Être dedans, être présent, habiter sont les indices de son lieu vécu.
 
Il était une fois un poème en pleine métamorphose :
Cet air noir qui palpite
Revient sur toute plaie
La conscience balbutie
Capte la lumière par à-coups.
Il était une fois un poète, c’est-à-dire un enfant philosophe, voué à 
l’exercice d’une parole inséparable
De nos aveuglantes noirceurs.
C’est souvent ici et ainsi que commence la grande poésie. D’abord, on est tous tout poésie, on ne sait pas exactement ce qu’est le monde (et d’ailleurs qu’est-ce que c’est ?), on erre dans le corps de sa mère, dans son corps, on se dit : "c’est moi" puis on erre dans l’ici et l’au-delà d’autres corps, d’autres âges, et on se dit : "c’est toujours moi !", les "moi" soumis aux règles du début et de la fin de la mort.


Éric Brogniet se sert de sa poésie pour ré-apprivoiser la philosophie. Il lui ouvre largement les portes de l’imagination et lui met des huiles et des essences sur ses serrures qui rouillent trop facilement. Notre poète prête au philosophe ses mots, ses bonheurs, ses souffrances et ses rêves. Vous allez me dire : Mais les poètes ne sont pas tous philosophes ! Oui, vous avez raison, mais certains poètes sèment de la philosophie là où elle n’a jamais eu d’accès ! 
Le poète est la loupe ou le cœur de Dieu pour mieux voir et comprendre ce que font les philosophes sur Terre : la vue d’une langue magique où souffle la nuance et l’inconnu.

À
quelle condition le monde est-il habitable poétiquement ? nous aurait questionné Heidegger. Poétiquement l’homme habite cette terre lui aurait répondu Hölderlin.
La poésie pour celui qui y goûte, c’est le présent, une présence, un contact réel avec l’irréel, une vue réelle sur l’imaginaire, ce que Merleau-Ponty nommerait "la chair du monde".
Notre espace humain, personnel, est notre rapport à la présence. Le lointain est un ici, un maintenant dans le lieu du temps. La poésie d’Éric Brogniet réussit à concentrer son présent, sa présence, à les réfléchir dans les images de ses paroles intimes, là où les vers deviennent relief creux (pas et cœur). Le poète namurois met la poésie "corps à corps" avec l’invisible et l’inexprimable, la laisse se voiler dans le vertige des songes et des souvenirs suspendus ! Car nous sommes tous, en quelque sorte, des secondes en chair, petits lieux réincarnés, lopins de terre remplis d’images charnelles. C’est beaucoup et c’est tout peut-être !

Nommer la poésie du fragile aujourd’hui signifie déjà conquérir son premier sens ontologique à travers de merveilleuses visions sur la durée des plongées infimes et sublimes. Des visions et des représentations poétiques sur et de notre monde, habitant le grand univers. À ce sens majeur s’ajoute la métaphysique de l’amour. L’amour, sens de vie, qui pénètre et assume tout. L’amour mythique. L’amour de la devenance et du devenant, l’amour lié au devenu de l’être poétique, puisque tout poème est un pur éveil du soi pour l’autre :
L’amour appelle toujours le démembrement
Il faut couper vite et dans le vif
Avec le couteau du soleil
La chair aimée pour la répandre
Aux douze points de l’espace
Afin qu’elle pourrisse
Pour fleurir autrement.
 
Notre poète-philosophe retrouve dans l’espace personnel un éternel retour au doute et à l’angoisse des prochaines épreuves : "Que savons-nous ?", "Qu’ignorons-nous ?", "Quoi existe ?", "Quoi parle encore ?", "Que pouvons-nous ?", "Qu’attendons-nous de l’autre ?", "Comment vivre ?", "Comment survivre ?". Ce questionnement est le contact perpétuel du moi avec le monde du non-moi. C’est le point de séparation d’une réalité déjà vécue et d’une autre, justement, donnée à vivre. C’est le heurt, la rencontre poétique de plusieurs états d’âme qui différencient la vérité passée, heureusement vécue, de celle d’un présent plat et sombre. Loin d’être un poète de velours, la canne en main, indiquant le passage des oiseaux sous le vent, il signe et paraphe d’azur ce sang qui bat dans le silence du questionnement. 
Par la recherche d’un sens à part, silencieux, un sens au-delà des mots et de leurs mutations linguistiques en cascade :
Écoute, aucun nom
Et que répercute l’écho de ces monts
 
Éric Brogniet démêle la pelote tant emmêlée des différents fils d’Ariane.

Permettez-moi d’accuser Éric Brogniet d’être un poète-philosophe. Un excellent poète-philosophe ! Car sa poésie se nourrit de la sagesse, de l’amour de la sagesse, et de la quintessence de l’amour. Sous la forme d’un questionnement perpétuel, ses vers interprètent sublimement l’existence. Péripatéticien faiseur de poésie, Éric Brogniet se promène au bord des mers et des océans mnésiques, sur les sommets des cieux épidermiques, dans la souterraineté des paroles, son cœur à la main, en guise de boussole, à la recherche d’une vérité mirifique. En quête du bien, de la beauté, du sens de la vie et du bonheur, ses poèmes créent et crient le silence propice à la méditation.
 (...) de soif en soif, ses livres de poésie sont des livres d’amour plus que des livres sur l’amour. L’amour comme parole et souffle, l’amour comme métamorphose lente et profonde de l’ignorance humaine :
On interroge l’absence jusqu’à la nausée
(...) Chaque mot : un caillot artériel.
Et le vide est justifié.

Tout commence à partir de ce manque.

NB - Voir, sur le site de la RAL, M (Revue d’art et de littérature, musique), une première version de cet article.



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Rodica Draghincescu, le 5 novembre 2007 - article3119.html
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