Le Hasard est une sorcière bête et méchante
Je viens d’apprendre la mort de Nikolaï Kantchev. Cet homme aux cheveux blancs comme la neige et à la stature anguleuse restera sans doute comme l’un des plus grandes poètes du siècle. J’avais eu la chance de le rencontrer il y a trois mois, lors de ce qui restera son dernier voyage à Paris, à l’occasion de la traduction aux éditions du Revif de son recueil de poèmes intitulé Childe Harold beaucoup plus tard.
Le Hasard est une sorcière bête et méchante.
Je parlais justement de lui il y a moins d’une semaine de cela avec son éditrice Raphaëlle Pache et l’une de ses amies et admiratrices, l’écrivain Denitza Bantcheva, qui nous entretenait des incroyables talents de conteurs de Kantchev, celui qui était (étrange de devoir écrire au passé à son propos) capable de vous faire rire, même par procuration.
C’était un homme-monde comme le sont tous les grands artistes, d’une science inédite, obéissant à une autre gravité, celle de la poésie et de l’élision, un être taillé dans une sensibilité affûtée, concise et intuitive. Le monde des lettres vient de perdre l’un de ses plus talentueux et de ses plus intègres représentants.
Que son souvenir et ses œuvres nous survivent encore longtemps.
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