Il aura fallu trois livres à Bob Woodward pour démonter les fourberies d’un homme illuminé (de lui-même surtout) qui entraîna son pays (les USA) mais aussi une grande partie du monde occidental dans une folie sous couvert d’une vision messianique qui n’a vraiment, mais alors vraiment rien à voir avec le message divin mais qui relève de la paranoïa mythomaniaque comme de la plus basse veulerie qui soit : dessouder Saddam, non pas parce qu’il avait tripoté avec al-Qaïda, mais bien parce qu’il possédait les plus grosses réserves d’or noir disponibles à bas prix. N’oublions pas que l’Irak a des gisements qui sont parfois à seulement quelques mètres de profondeur. Voici donc, après Bush s’en va t’en guerre (Denoël, 2003) et Plan d’attaque (Denoël, 2004) le troisième et dernier acte, sans conteste le plus terrifiant, car il met le doigt sur une mécanique implacable qui n’a aucune limite. Mentir, mentir et mentir pourrait être la maxime de ces scouts d’un genre nouveau qui brandissent leur fanion vertueux pour mieux masquer leur sens aigu des affaires.
George W. Bush a été réélu dans une mascarade d’élection truquée qui démontra la sclérose intellectuelle de la planète entière qui crie d’effroi lorsque de telles choses se passent en Afrique mais qui avalise des manipulations pires encore quand elles ont lieu aux USA, comme si l’ONU et nous tous étions transis de peur face à l’administration américaine... Ce qui n’est pas totalement faux quand on voit les mesures de rétorsion dont la France a souffert une fois les Américains maîtres de l’Irak. Enfin, maîtres, c’est un bien grand mot puisque le vernis craque de toutes parts. Et les erreurs commises ne l’ont pas été qu’en Irak, nous verrons ici que l’Afghanistan n’a pas été oublié, et que là aussi, le président actuel, grand pantin manipulé par Washington, n’émeut personne, si ce n’est votre humble chroniqueuse qui ne peut retenir un sourire quand il apparaît drapé dans son manteau traditionnel, car elle voit davantage l’ancien cadre d’une grande société pétrolière américaine, qu’un fervent patriote au service de son peuple...
Bush n’a pas eu, n’a jamais eu de stratégie en politique étrangère, il navigue à courte vue et lutte contre le terrorisme tant que cela lui permet de contrôler les routes du pétrole. Son impopularité est grandissante mais il semble s’en accommoder.
Ce livre est terriblement efficace car il relève d’un puzzle que l’auteur s’est amusé à reconstituer à partir de témoignages des proches du président, de comptes rendus des réunions les plus confidentielles, donc un matériau de première main qu’il a dû vérifier, comparer, recouper pour démonter un à un tous les rouages de cette machinerie diabolique qui domine le monde.
Ce diable de Woodward, journaliste au Washington Post, a su faire parler les silences et livre dans un style linéaire et critique, mais dépassionné et d’une grande rigueur, tant dans la méthode que dans l’approche, une petite bombe, un pavé dans la mare républicaine : une pièce historique à verser au dossier du procès que, n’en doutons pas, le peuple américain fera à l’administration Bush dans un proche avenir...
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