Voici quelques livres échoués aux portes de 2007, envoyés par des éditeurs convaincus de leur valeur, de leur intérêt mais que nous n’avons pas eu le temps de lire - nous ne dirons jamais assez combien lire un livre, lire vraiment, avec son cœur, est exigeant. Or vous savez que nous refusons la feinte, et qu’en général nous préférons ne rien écrire plutôt que vous jeter aux yeux de la poudre inconsistante lorsque nous n’avons pas la disponibilité requise pour chroniquer certains des livres reçus. Mais comme nous ne voulons pas non plus pénaliser ces ouvrages arbitrairement laissés en souffrance ni frustrer nos lecteurs, nous avons imaginé de publier, de temps en temps, une ou deux pages où nous mentionnerions ces livres avec de brefs extraits de dossiers de presse de façon à vous donner envie de les découvrir, à travers ce même coup d’œil que vous auriez sur leur quatrième en musant le long des étals de votre librairie préférée. L’ordre dans lequel les titres apparaissent ne correspond à rien d’autre qu’à celui des livres tels qu’ils ont été tirés un à un de leur pile d’attente...
Jeff VanderMeer, La Cité des saints et des fous (traduit de l’anglais par Gilles Goulet - avec des illustrations de Néjib Belhadj Kacem), Calmann-Lévy col. "Interstices", août 2006, 600 p. - 25,00 €.
Il était une fois, sur les bords du fleuve Moss, une cité fantastique du nom d’Ambergis qui entretenait une troublante ressemblance avec le monde que vous pensez connaître.
Bâtie avec le sang de ses premiers habitants, et marquée pour ses siècles par les répercussions de cette lutte, Ambergis est devenur une métropole d’une cruelle beauté - refuge pour les peintres et les voleurs, les compositeurs et les meurtriers...
Voilà un livre-univers rabelaisien, grotesque, tragique et parfois déchirant dont il a été dit, dans The Guardian, qu’il était à ranger aux côtés des livres de Calvino et de Borges...
Edeet Ravel, Un mur de lumière (traduit de l’anglais - Canada - par Bernard Cohen), Belfond coll. "Les étrangères", septembre 2006, 312 p. - 19,50 €.
"Je suis Sonia Vronsky, professeur de mathématiques à l’université de Tel-Aviv, et ceci est le récit d’une journée de la fin août. En ce jour, peu commun, j’ai embrassé un étudiant, poursuivi un amant, retrouvé mon père et quitté mon frère."
Ainsi commence l’odyssée de Sonia, 32 ans, sourde et surdouée à la fois, dans le Tel-Aviv d’aujourd’hui.
À son récit viennent se mêler la voix de son neveu Noah et celle de sa mère Anna...
Edeet Ravel a publié en 2005, également chez Belfond, Dix mille amants
Caroline Adderson, La Femme assise (traduit de l’anglais - Canada - par Valérie Bourgeois), Belfond coll. "Les étrangères", août 2006, 360 p. - 20,00 €.
Ce roman pudique, lumineux et sensuel, plein d’humour et d’audace, pourrait être une histoire d’amour banale - un homme, Ross, une jeune femme, Iliana ; un bon vivant, une infirmière timide ; une rencontre due au hasard ; un coup de foudre ; une union, une belle fête avec les amis. Et pourtant...
Ce sera l’histoire d’un mariage marqué par le drame. L’histoire d’un couple blessé...
La Femme assise est le premier livre de Caroline Adderson à paraître en Fraznce. Il a reçu en 2004 l’Ethel Wilson Fiction Prize.
Frank McCourt, Teacher Man - Un jeune prof à New York (traduit de l’américain par Laurence Viallet), Belfond coll. "Littérature étrangère", octobre 2006, 384 p. - 20,50 €.
Après le phénoménal succès des Cendres d’Angela et de C’est comment l’Amérique, Frank McCourt ferme ici sa trilogie autobiographique et propose un portrait de l’artiste en jeune prof dans le New York des Sixties.
Après avoir usé ses talents dans nombre de petits boulots hautement improbables, Frank McCourt se décide à utiliser son diplôme d’enseignant. Premier poste : un lycée technique de Staten Island. Premiers élèves : des fauves. Face à eux, quelle attitude adopter ? Les punir ou les laisser macérer dans leur bouillon d’inculture ?
James Frey, Mon ami Leonard (traduit de l’américain par Laurence Viallet), Belfond coll. "Littérature étrangère", octobre 2006, 444 p. - 21,00 €.
Suite de Mille morceaux paru en 2004 également chez Belfond et réédité en format poche chez 10/18 dans la collection "Domaine étranger" en octobre 2006, Mon ami Leonard est le second livre de James Frey.
Né à Cleveland en 1969, il a exercé mille et uns métiers avant d’écire, de produire et de réaliser des films indépendants. Mille morceaux est le récit autobiographique d’une cure de désintoxication ; ici il évoque son meilleur ami, Leonard. Quand James se suicidait à petit feu, Leonard lui a sauvé la vie. Quand James était au bord de replonger, Leonard l’a soutenu, lui offrant réconfort et protection. Donc, le jour de sa sortie de prison, alors que le plus difficile commence pour James, c’est tout naturellement vers Leonard qu’il se tourne...
Mario Claudio, La Grande Ourse (traduit du portugais par Ana Corte-Real & Pierre Léglise-Costa), Métailié coll. "Bibliothèque portugaise", octobre 2006, 180 p. - 17,00 €.
Un matin d’été Henrique tue son ex fiancée d’un coup de feu à l’intérieur de la faculté qu’ils fréquentaient tous les deux. Quelle étrange raison l’a contraint à ce geste ? Quelles sont les justifications que trouvent à leurs propres gestes criminels ses compagnons de prison ? À travers une suite de monologues intérieurs se dessine la trame de ce tableau de la délinquance et des prisons.
Romancier, poète dramaturge et essayiste, Mario Claudio est considéré comme l’un des écrivains portugais les plus importants des deux dernières décennies ; il a remporté de nombreux prix littéraires dont le Prix Pessoa en 2005.
James Kelman, Faut être prudent au pays de la liberté (traduit de l’anglais - Écosse - par Céline Schwaller), Métailié coll. "Bibliothèque écossaise", août 2006, 408 p. - 23,00 €.
Jeremiah Brown, le narrateur, a décidé de quitter les États-Unis pour rendre visite à sa mère en Écosse. Pendant ce qu’il pense devoir être sa dernière nuit dans son pays d’adoption, il échappe à sa sinistre chambre de motel pour aller faire la tournée des bars du coin et réfléchir à sa vie un peu ratée d’immigré en Amérique - une vie animée par son refus de l’ordre établi et par son amour pour Jasmin, son ex-amie, chanteuse de jazz et mère de son enfant.
James Kelman est né en 1946 à Glasgow, où il vit aujourd’hui. Auteur d’une dizaine de livres - dont cinq romans - il a reçu le Booker Prize en 1994 pour How late it was, how late.
Richard Millet (textes) et Silvia Seova (photographies), Sacrifice, L’Archange Minotaure, mars 2006, 35 p. - 22,00 €.
L’écrivain Richard Millet juxtapose sa prose infiniment poétqiue à une sélection de photographies noir & blanc signées Silva Seova, la plupart marquées par un érotisme sans fard - il suffit de voir quelle image a été choisie pour figurer en couverture... - quelques-unes juste émouvantes par ce qu’elles disent de l’érosion, d’une certaine détresse. Les textes sont superbes, les photos ont leur esthétique propre, qui pourra plaire ou déplaire. Mais le rapport instauré entre texte et image laisse perplexe : souvent l’écrivain se borne à décrire la photographie en vis-à-vis, et bien que sa prose soit délectable en elle-même, ainsi liée à l’image elle devient redondance.
Didier-Georges Gabily, Ossia - Variations à la mémoire de Nadedja et Ossip Mandelstam, Actes Sud Papiers, octobre 2006, 72 p. - 11,50 €.
"C’est comme un puzzle. L’histoire d’une pièce en train de se faire avec des pièces évidemment disparates. À partir de variations thématiques autour de la vie d’Ossip Mandelstam (l’une des grandes figures de la poésie mondiale disparue en 1938 dans la Kolima stalinienne), deux acteurs s’interrogent à vue sur leur propre engagement artistique et/ou politique (...)"
D-G Gabily, février 1989
Didier-Georges Gabily est romancier et homme de théâtre. Né en 1955 à Saumur, il décède brutalement en 1996 lors des répétitions du spectacle monté à partir de sa pièce Dom Juan/Chimères et autres bestioles (publiée comme la plupart de ses œuvres, théâtrales ou non, chez Actes Sud).
Avant de clore ces rapides survols, nous vous rappelons qu’en octobre 2006, Les Humanoïdes Associés ont lancé un mensuel de prépublication, Shogun, où l’on trouve certes les épisodes à suivre de six mangas qui sortiront ensuite en album mais aussi une multitude d’informations de fond sur l’univers du manga, français comme japonais. Une véritable mine, à même de satisfaire les néophytes comme les "fondus", très réussie sur le plan graphique et qui n’exigera de votre poche que la modique somme de 5,60 euros par numéro...
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