Guantanamo : le mot de tous les frissons, de toutes les horreurs. Voilà lâché le gros mot. Disons-le tout net : l’inacceptable Guantanamo ne doit pas faire oublier que dans l’ombre, protégés par nos démocraties, des fous d’Allah projettent de lutter contre le Mal de l’Occident par le Mal de la mort donnée aveuglément.
Nizar Sassi, l’auteur de Prisonnier 325, CAMP DELTA, est un naïf chanceux. Voilà un jeune homme -qu’importent son origine, sa religion ou son appartenance sociale - âgé de 20 ans en l’an 2001. Ni bon gars ni méchant. Juste un glandeur qui regrette de ne pas avoir profité de l’école. Il se laisse aller au plaisir éphémère de ne rien faire. Un seul rêve le mobilise : les armes ! Toutes les armes. Alors, à la mosquée, lorsqu’un gentil garçon lui propose d’aller tirer quelques balles... en Afghanistan, il plonge ! C’est bien connu, les armes ne servent qu’à tirer sur des pierres... Un pays où les armes sont en libre circulation, c’est forcément un pays où il y a beaucoup de pierres !!
Pour se rendre en Afghanistan, avec le propre frère de ce qu’il faut bien nommer un recruteur islamiste, Nizar Sassi doit voyager avec un faux passeport et un faux nom, payer ses trajets en liquide, rencontrer d’étranges personnages qui disparaissent comme ils apparaissent. Qu’importe ! Seule l’envie de tirer quelques balles dans les pierres prime ! Que le "trip" ne puisse se réaliser qu’en Afghanistan n’éveille pas, non plus, les soupçons de ce jeune homme avide de vider quelques cartouchières. L’Afghanistan ? Visiblement ce jeune homme ne connaît pas ! Il n’en a jamais entendu parler. Et surtout, lorsqu’on lui propose d’y aller pour tirer quelques balles, il ne se renseigne pas plus avant et accepte de garder le secret absolu, même à l’égard de ses très proches, sur sa destination. Et rien n’éveille ses soupçons...
Il arrive en Afghanistan au bout d’un terrible périple. L’état du pays ne suscite en lui aucune question. Il est parqué dans un camp d’entraînement et il ne se demande même pas pourquoi d’autres que lui s’entraînent au maniement des armes.
Il est fait prisonnier par les Américains, et jure ses grands dieux qu’il n’est en Afghanistan que pour le plaisir de tirer quelques balles... ! Alors je me pose une question simple : Nizar Sassi est-il idiot ou nous prend-il pour des idiots ?
Bien entendu ce qu’il raconte ensuite sur Guantanamo est tout à fat horrible et nous savons que les Américains dépassent toutes les limites et infligent aux hommes qu’ils détiennent les pires des traitements. Mais le lecteur a tellement le sentiment d’être pris pour un sot qu’à aucun moment il n’a envie de plaindre ce pauvre jeune homme...
La quatrième de couverture indique qu’il attend d’être définitivement blanchi par la justice française. Avoir été idiot et naïf n’est pas un crime. Avoir pris les lecteurs pour des crétins patentés non plus. Hélas...
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