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Georges Moustaki est avant tout un parolier. Le chanteur du "Métèque" est surtout l’auteur de "Milord", la chanson fétiche de Piaf, avec qui il vécut quelques années de passion tumultueuse, et qui lui aura valu fortune et gloire. Il écrira aussi par la suite pour Reggiani, Barbara, Dalida... etc. et s’offrira même le luxe de chanter. Autant dire que Moustaki a le sens du raccourci, et que le conte lui sied à merveille puisque l’infaltion verbale lui est étrangère, comme nous le rappelle Robert Solé, tout comme lui, né en Égypte à la fin des années 1930. Dans ce pays arabe colonisé par les Anglais et qui, paradoxalement, était francophone. Comme si la langue de Molière était la seule manière qu’ils avaient trouvée pour lutter contre la monarchie corrompue et l’ordre britannique. Cosmopolites, Alexandrie et Le Caire n’en étaient pas moins des villes d’Orient, où toutes les confessions et toutes les nationalités se croisaient dans un profond respect mutuel. Autant dire à des années-lumières de ce qu’est devenu le Moyen-Orient que l’on connaît aujourd’hui. D’où cette fougue qui inspira à Moustaki ces sept contes, comme un cri de rage et d’impuissance qu’il aurait voulu jeter à la figure des politiciens palestiniens, israéliens, syriens, égyptiens... etc. pour leur démontrer que leur combat était vain et que la solution était ailleurs.
Dans un style naïf et imagé, Georges Moustaki narre de très courtes histoires qui se veulent humanistes. Comme dans tout conte le vilain est châtié (le gouverneur qui n’en pouvait plus de voir que la paix régnait enfin) et le bon récompensé. Aussi le lectorat se limitera-t-il sans doute aux adolescents et pré-adolescents - à qui il sera fort utile de faire lire ces contes ; surtout "le mur" ou "Ibrahim" - l’histoire d’un colon de Gaza qui ne voulait pas fuir sa terre et fut recueilli par les Palestiniens et prit le nom d’Abraham... Car une bonne fable vaut mieux qu’une mauvaise leçon d’histoire partisane distillée sans véritable connaissance des lieux ni des contextes politique et culturel qui encadrent le sujet. La concorde seule parviendra à marginaliser les esprits machiavéliques qui se répandent en prosélytismes xénophobes et fondamentalistes, alors que les gens n’aspirent qu’à vivre en paix et ensemble.
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Georges Moustaki, Sept contes du pays d’en face (avant-propos de Robert Solé), Actes Sud coll. "un endroit où aller", mars 2006, 54 p. - 9,00 €. Dès 13 ans. |
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